Avant d’y revenir, un mot sur les performances financières. Le groupe a signé un excellent trimestre. Dans un secteur bousculé politiquement, l’action Eli Lilly a connu une volatilité record en 2025 : 38,3%, du jamais-vu depuis 1972, sa deuxième année de cotation. Si le titre est stable sur un an, la crédibilité du laboratoire s’est renforcée.
Eli Lilly est désormais vu comme le leader sur le marché très convoité de l’obésité, estimé à 150 milliards de dollars d’ici 2030. Selon les données IQVIA, les ordonnances de Zepbound représentent désormais 60% des prescriptions. D'autant que la tendance politique est définitivement au 'Made in America', ce qui pourrait avantager Eli Lilly face à son concurrent européen.
Au deuxième trimestre, le bénéfice par action ajusté a bondi de 61% à 6,31 dollars, largement au-dessus des attentes. Le chiffre d’affaires atteint 15,6 milliards de dollars, porté par la forte demande pour Zepbound et Mounjaro. Ce dernier, indiqué dans le traitement du diabète de type 2, a généré 5,20 milliards de dollars de ventes, contre 4,74 milliards anticipés. Zepbound, autorisé contre l’obésité, a atteint 3,38 milliards, là encore au-dessus des prévisions.
Fort de ces résultats, Eli Lilly relève légèrement sa prévision de chiffre d’affaires annuel, désormais attendue entre 60 et 62 milliards de dollars (contre 58 à 61 milliards auparavant).
Mais la pilule ne passe pas
L'enthousiasme lié aux résultats s’est rapidement évaporé après la publication. La faute à des résultats décevants d’Orforglipron, sa pilule anti-obésité. Jusqu’ici, les études ont montré une surperformance des traitements injectables d’Eli Lilly face à ceux de Novo Nordisk.
Mais l’avenir du secteur semble se jouer sur les formes orales, plus simples à produire, à distribuer et à administrer. Sans parler des aversions pour les aiguilles, qui repoussent de nombreux patients potentiels.
Sur ce terrain, Novo Nordisk a une longueur d’avance. Le groupe a déposé en mars 2025 une demande d’autorisation pour sa pilule anti-obésité, avec une réponse attendue d’ici la fin de l’année. Les premiers résultats sont prometteurs : à forte dose, la version orale de Wegovy permet une perte de poids moyenne de 15%, sans contrainte alimentaire non plus, et avec moins d’abandons de traitement.
Avec orforglipron, les patients ne perdent en moyenne que 12% de leur poids après 72 semaines. Le taux d’abandon est plus élevé que les estimations : 24,4% à la dose la plus forte, et 15% pour les doses inférieures. Le principal effet secondaire ? Les vomissements, qui touchent un quart des patients, sont la principale cause d’arrêts prématurés.
Les résultats complets seront publiés le mois prochain. Le groupe prévoit tout de même de soumettre une demande d’approbation à la FDA d’ici fin 2025.



















