Eurazeo boucle pourtant une bonne année, avec 39 milliards d'euros d'actifs sous gestion, en hausse de 15% par rapport à l'an passé, dont 30 milliards d'euros pour le compte de tiers, et 28 milliards générateurs de frais de gestion.

La collecte atteint 5,5 milliards d'euros, en croissance de 28% par rapport à l'an passé. En la matière, il s'agit de la meilleure performance de la société depuis 2022. C'est notablement le segment private equity qui aspire l'essentiel de cette collecte, alors que c'était auparavant la dette privée qui servait de locomotive.

La performance d'investissement, si elle déçoit sensiblement, n'obscurcit pas - encore - ce tableau. La grande force d'Eurazeo, qui reste l'une des plus belles signatures de Paris, est d'avoir bien diversifié sa clientèle, désormais aux deux tiers internationale, alors qu'elle était encore aux deux tiers française il y a huit ans.

Les frais de gestion n'augmentent que de 3% en 2025, tandis que la contribution des frais de performance reste anecdotique. Dans un secteur qui reprend des couleurs après la tétanie post-pandémique, les monétisations d'actifs retrouvent leur rythme d'antan à hauteur d'environ un cinquième du portefeuille.

Elles permettent de générer 2,8 milliards d'euros et de financer la politique de retour de capital aux actionnaires toujours très généreuse d'Eurazeo, avec un dividende qui augmente encore de 10% et, surtout, des rachats d'actions extraordinairement soutenus.

Entre début 2024 et fin 2027, Eurazeo entend ainsi annuler un bon quart de ses titres en circulation, soit plus de la moitié du flottant. Cette orientation stratégique fait parfaitement sens vu la décote - théorique, certes - sur actifs : Eurazeo estime la valeur nette de ses actifs à 102 euros par action, contre un cours de 40 euros actuellement ; ceci, du reste, n’inclut pas la valeur de sa plate-forme de gestion.

En sus d'un sympathique rendement sur dividende qui dépasse 7%, voici qui ne trompe guère sur les intentions de la société dirigée par les vétérans Christophe Bavière et William Kadouch-Chassaing : rémunérer ses actionnaires, emmenés on le sait par un prestigieux collège de familles, au premier rang desquelles trônent les Decaux et les David-Weil.