Pour commencer, le pétrole a bondi à cause d'une recrudescence des attaques dans le golfe Persique. Les gains sont restés robustes en dépit de la déclaration selon laquelle Donald Trump avait renoncé à frapper l'Iran avant les élections de mi-mandat (début novembre). D'insistantes rumeurs laissaient penser le contraire quelques heures plus tôt. Le marché exploite chaque annonce, mais a cessé de croire que la Maison Blanche contrôle réellement la situation.

La vigueur du pétrole n'a pas eu la conséquence habituelle des dernières semaines, c'est-à-dire déclencher la réaction en chaîne : "mon Dieu le pétrole monte, ça va renforcer l'inflation, les banques centrales vont relever leurs taux, on va tous y passer". Au contraire les rendements des obligations souveraines étaient plutôt sur la pente descendante, surtout après une adjudication de dette américaine à 30 ans qui s'est bien passée. Il a fallu y mettre le prix (5,618%, un record depuis 2000), mais la demande a été forte et c'est ce que le marché a retenu. Il y a eu beaucoup d'acheteurs indirects, ce qui est en général la marque des banques centrales. Est-ce que Scott a appelé Christine, Andrew et Kazuo pour leur dire "c'est le moment de m'acheter mes obligations comme des petits pains parce que ça va vous aider à fourguer les vôtres" ? Je n'en sais foutrement rien, mais l'idée ne me paraît pas absurde. Pour aider à jeter des seaux d'eau fraîche sur les rendements, le membre influent de la Fed Christopher Waller a dit tout haut ce que le marché pense tout haut lui aussi : il n'y a pas trop d'urgence à poursuivre le resserrement monétaire aux Etats-Unis.  

Cette réaction positive du marché des taux à l'actualité a été ébranlée par le secteur de l'intelligence artificielle, qui a pris un bon coup de pelle. Le Financial Times a révélé qu'OpenAI a communiqué des revenus moins élevés que prévu dans sa dernière présentation. Je vous passe les détails, qui sont tout à fait bien résumés dans cet article par Valentin Aufrand, qui s'occupe pour Zonebourse de ce qui se passe sur les marchés quand les gens raisonnables dorment déjà. Ce qu'il faut retenir, c'est que le carburant boursier de l'IA, c'est d'annoncer en permanence des avancées stupéfiantes et des chiffres astronomiques, pour justifier ses besoins en financements hors du commun. Alors évidemment, quand OpenAI laisse penser que la trajectoire censée filer vers l'infini et au-delà est peut-être un peu moins pentue que prévu, ça jette un froid.

On peut ajouter aux vents contraires les frictions sur les valorisations sectorielles, matérialisées par quelques couacs sur des opérations financières programmées depuis longtemps. Dernier exemple en date, l'opérateur de centres de données Firmus vient d'annuler son entrée en bourse en Australie, même si le terme pudique n'est pas "annuler" mais "reporter".

Donc hausse du pétrole mais baisse des rendements obligataires et doutes sur l'intelligence artificielle, qu'est-ce que ça donne ? Des marchés qui sont partis un peu dans tous les sens. Le Nasdaq 100 a chuté de 1,3%, dont -3,4% pour les semiconducteurs. Pour le coup, abîmer le rêve de l'IA, ça pèse lourd dans la balance. Ça a fait glisser le S&P 500 de 0,5%. Le vieux Dow Jones a en revanche gagné 0,1%. Il a été aidé par sa vieille garde : les banques, la consommation de base et le pétrole, mais aussi Apple, la tech anti-IA. En Europe, le rouge a largement dominé. Malgré le recul des rendements obligataires, les investisseurs ne sont pas tellement rassurés par la situation économique locale et par le renforcement des frappes russes sur l'Ukraine.

La semaine s'achève sur un agenda assez clairsemé côté entreprises et indicateurs macroéconomiques. L'indice de confiance compilé par l'Université du Michigan, dévoilé à 16h00, permettra toutefois de juger de l'état de forme des consommateurs américains. La semaine prochaine, les choses sérieuses commencent en matière de publications de résultats du troisième trimestre avec notamment LVMH, Rio Tinto, ASML, Schneider et toute une palanquée de grosses financières américaines.

En Asie-Pacifique, le KOSPI traverse une sale semaine (-2,6% ce matin, à cause du reflux des valeurs IA) et pèse sur l'indice MSCI AC Asia Pacific, qui parvient malgré tout à rester dans le vert grâce aux marchés indien et chinois. En Europe, les contrats à terme laissent entrevoir un rebond grâce au répit obligataire, alors que l'Europe est nettement moins exposée aux technologique que les Etats-Unis.

L'indice MSCI AC Asia Pacific progresse de 0,4%, porté par Hong Kong qui bondit de 1,6% et l'Inde qui gagne 1%, tandis que la Corée du Sud chute de 2,6% et Taïwan recule de 1% à la clôture.

La séance démarre en hausse de +0,8% à 7 793 points pour le CAC 40 à Paris. Le SMI prend 1% à 13 777 points à Zurich. Le Bel 20 progresse de +1,3% à 5 469 points à Bruxelles.

Les temps forts économiques du jour

L'agenda macro :

  • 09h00 : Confiance des consommateurs (Suisse)
  • 10h00 : Production industrielle (Italie)
  • 16h00 : Indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan (Etats-Unis)
  • 22h00 : Discours de Fed Collins (Etats-Unis)
  • Le reste de l'agenda ici.

Les grands indicateurs macros (les cotations sont celles du jour autour de 7h00, les liens permettent d'avoir le temps réel) :

Les principaux changements de recommandations

  • Air France-KLM : Barclays reste à sous-pondérer avec un objectif de cours réduit de 11 à 9 EUR.
  • Amundi : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 95 à 105 EUR.
  • ArcelorMittal : UBS relève sa recommandation de neutre à acheter et relève l'objectif de cours de 61 à 71 EUR.
  • ArgenX : Goldman Sachs reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 982 à 954 EUR.
  • bioMérieux : Morgan Stanley reste à sous-pondérer avec un objectif de cours relevé de 66 à 71 EUR.
  • Bureau Veritas : Citi relève sa recommandation de neutre à acheter avec un objectif de cours relevé de 31,44 à 31,54 EUR.
  • Cloetta : SB1 Markets relève sa recommandation de neutre à acheter avec un objectif de cours de 62 SEK.
  • Danske Bank : Barclays dégrade sa recommandation de surpondérer à pondération de marché avec un objectif de cours relevé de 385 à 391 DKK.
  • Demant : AlphaValue/Baader Europe relève sa recommandation d'alléger à accumuler avec un objectif de cours relevé de 309 à 373 DKK.
  • DSV : JP Morgan dégrade sa recommandation de surpondérer à neutre et réduit l'objectif de cours de 2 165 à 1 400 DKK.
  • Emmi : Bank Vontobel AG relève sa recommandation de conserver à acheter et relève son objectif de cours de 900 CHF à 1100 CHF.
  • Euronext : Deutsche Bank reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 184 à 192 EUR.
  • Getlink : UBS reste neutre avec un objectif de cours réduit de 19,80 à 19,60 EUR.
  • Nexans : HSBC reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 180 à 175 EUR.
  • Pearson : UBS dégrade sa recommandation d'achat à neutre avec un objectif de cours de 1 300 GBX.
  • Pernod Ricard : Rothschild & Co Redburn reste neutre avec un objectif de cours réduit de 82 à 65 EUR.
  • Rheinmetall : Berenberg dégrade d’acheter à conserver et réduit son objectif de cours de 1600 à 1020 EUR.
  • Roche : Goldman Sachs maintient sa recommandation neutre et relève l'objectif de cours de 366 à 376 CHF.
  • Saint-Gobain : RBC Capital Markets dégrade de surperformance à performance en ligne avec le secteur et réduit son objectif de cours de 97 EUR à 80 EUR.
  • Shell : Zacks relève sa recommandation de neutre à surperformance avec un objectif de cours relevé de 104 à 115 USD.
  • Swedbank : Barclays relève sa recommandation de pondération de marché à surpondérer avec un objectif de cours relevé de 347 à 467 SEK.
  • Tecan Group : Morgan Stanley reste à pondération de marché avec un objectif de cours relevé de 178 à 227 CHF.
  • Ubisoft Entertainment : Barclays reste à pondération de marché avec un objectif de cours relevé de 5,45 à 5,85 EUR.
  • Voestalpine : UBS relève sa recommandation de neutre à acheter avec un objectif de cours relevé de 49 à 64 EUR.

En France

Annonces importantes (et moins importantes… Je précise que les informations sont données à chaud avant l'ouverture et ne préjugent pas de la couleur des actions pendant la séance)

  • Saint Laurent (Kering) se sépare de son directeur artistique Anthony Vaccarello.
  • Jean-Laurent Bonnafé s'apprête à mettre BNP Paribas au régime sec dès 2027, selon La Lettre.
  • Crédit Agricole lance une banque universelle numérique pour les particuliers en Allemagne.
  • Airbus enregistre une légère baisse des livraisons en septembre.
  • Carrefour cède les murs de 35 magasins en France et Espagne à une coentreprise Atrato-GIC pour 290 MEUR.
  • Exail Technologies publie un chiffre d'affaires semestriel de 275 MEUR et un EBITDA courant de 63 MEUR.
  • Exosens contribue à deux démonstrations de criticité de réacteurs nucléaires de nouvelle génération aux Etats-Unis.
  • Bigben Interactive finalise la cession de Bigben Connected à Modelabs et obtient la prorogation de sa procédure de sauvegarde accélérée.
  • Jules choisit les solutions de cybersécurité d'Ekinops pour renforcer sa sécurité web.
  • LightOn dévoile une famille de modèles d'intelligence documentaire.

Dans le vaste monde

Annonces importantes (et moins importantes)

D'Europe

  • Genentech (Roche) obtient l'approbation de la FDA pour Tecentriq en association avec la chimiothérapie dans le cancer du côlon.
  • Sika acquiert le fabricant britannique de produits d'aménagement paysager Azpects Group.
  • Logitech International dévoile sa nouvelle gamme de solutions vidéo pour l'entreprise.
  • Webuild renforce sa participation dans Trevi à 27,86% du capital.
  • Shell entame une reprise partielle de ses activités dans son usine de conversion de gaz en liquides au Qatar.
  • Skanska remporte un contrat de 136 millions de dollars pour un projet d'amélioration du réseau ferroviaire américain.
  • Audi (Volkswagen) invoque la clause de force majeure pour des suppressions d'emplois à Neckarsulm, son PDG appelant à des solutions viables pour éviter la fermeture du site.
  • Revolut privilégie une cotation primaire aux Etats-Unis pour son potentiel IPO, selon son PDG.
  • Les principales publications du jour: OMV, Tryg A/S.

D'Amérique du Nord

  • Starbucks dément envisager un rachat de Chipotle et affirme rester concentré sur sa stratégie actuelle.
  • L'administration Trump accuse Microsoft, Adobe et plusieurs autres entreprises d'abuser d'un programme américain de visas de travail.
  • Raytheon, une filiale de RTX, remporte un contrat américain dans le domaine des missiles d'une valeur pouvant atteindre 6,3 milliards de dollars.
  • Meta interdit les publicités TikTok sur ses plateformes aux Etats-Unis.
  • SpaceX vise les opérateurs de téléphonie mobile américains comme AT&T et Verizon avec l'acquisition de fréquences mobiles.
  • Micron s'engage à poursuivre le dialogue alors qu'un syndicat taïwanais approuve une grève.
  • American Express a été sanctionnée de 350 MUSD par la Réserve fédérale et l'OCC pour des manquements en matière de lutte anti-blanchiment.
  • Iambic Therapeutics, financée par Nvidia, lance son IPO.
  • Refresco envisage un possible IPO à une valorisation de plus de 10 milliards de dollars, selon Reuters.
  • Les principales publications du jour: Delta Air Lines.

D'Asie et d'ailleurs

  • Glencore anticipe un fort intérêt pour sa double cotation en Australie la semaine prochaine.
  • Petrobras remporte 21 blocs lors de l'appel d'offres organisé par l'ANP au Brésil.
  • BYD explore des investissements dans le lithium et les batteries en Argentine.
  • Daiichi Sankyo et AstraZeneca obtiennent l'approbation de la Chine pour Datroway dans une deuxième indication du cancer du sein.
  • Firmus reporte son introduction en bourse en Australie et envisage un financement privé.

Le reste de l'agenda mondial des publications ici.

Lectures