L'essentiel des marchés américains et mondiaux ce jour

Par Mike Dolan, éditorialiste Finance et Marchés

En apparence, les marchés mondiaux affichaient une certaine sérénité mardi en début de séance, masquant à la fois le dernier rebondissement de la thématique IA et une nouvelle série de signaux confus sur le front du conflit avec l'Iran.

Pendant ce temps, la startup d'IA Anthropic a volé la vedette lundi en annonçant le dépôt confidentiel d'un dossier d'introduction en bourse (IPO), semblant ainsi griller la politesse à son rival OpenAI et profitant de l'aspiration de la méga-IPO de SpaceX attendue ce mois-ci.

Je reviendrai sur ces points et bien d'autres ci-dessous.

Mais d'abord, découvrez ma dernière chronique sur la manière dont la frénésie d'investissement dans l'IA pourrait s'avérer une source d'inquiétude inflationniste plus importante que le choc énergétique iranien.

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CHOC D'OFFRE SUR LES ACTIONS ?

Alors que les investisseurs analysaient les implications de l'annonce d'Anthropic, Alphabet a annoncé une levée de fonds propres d'environ 80 milliards de dollars, incluant un placement privé de 10 milliards de dollars auprès de Berkshire Hathaway. Le titre Alphabet a reculé d'environ 2% en transactions hors séance suite à cette nouvelle.

Nous avons déjà vu ces 'hyperscalers' lever des dizaines de milliards de nouvelles dettes pour financer leurs investissements dans l'IA, mais le recours à l'augmentation de capital constitue un tournant. Le débat de fond est de savoir s'il existe un appétit pour ce nouvel afflux de titres à des niveaux de valorisation aussi stratosphériques, ou si une certaine indigestion va s'installer.

Les chiffres sont vertigineux. Le dernier tour de table d'Anthropic porte sa valorisation globale à quelque 965 milliards de dollars, soit plus qu'OpenAI, tandis que l'offre prévue de 75 milliards de dollars de SpaceX valorise cette dernière à 1750 milliards de dollars.

La question est de savoir quel sera l'impact sur le classement des plus grandes capitalisations, les pondérations relatives dans les indices et la concentration de l'IA au sein des indices de référence. Il convient également de rappeler que les vagues massives d'introductions en bourse ont parfois marqué, par le passé, le point culminant des phases d'euphorie spéculative.

Loin de Wall Street, la réalité de la demande en IA continue de frapper fort : le groupe européen STMicroelectronics a bondi de 10% mardi, atteignant son plus haut niveau depuis 2000, après avoir doublé sa prévision de chiffre d'affaires pour les centres de données à 1 milliard de dollars pour cette année.

L'influence du déploiement de l'IA et de la course aux puces sur les prix de production et à la consommation devient également une préoccupation croissante, d'autant que les investisseurs font face à un manque de visibilité sur le front de l'énergie alors que les pourparlers de paix entre les Etats-Unis et l'Iran s'enlisent.

Les cours du brut Brent ont effacé une partie de la hausse de 5% enregistrée hier, après que le président Donald Trump a indiqué que les discussions avec l'Iran se poursuivraient et pourraient potentiellement aboutir cette semaine. Mais nous avons déjà connu de tels précédents, et la crainte lundi était de voir les échanges militaires se poursuivre et l'Iran rester ferme sur ses lignes rouges.

Si les prix du pétrole refluent légèrement aujourd'hui, les contrats à terme de fin d'année ont peu évolué au cours de la semaine écoulée et restent supérieurs de plus de 30% à leur niveau d'avant-guerre.

La combinaison de ces facteurs et de la thématique IA s'est traduite par un indice manufacturier ISM très ferme aux Etats-Unis pour le mois de mai. Bien que l'indice principal de l'activité manufacturière ait atteint son plus haut niveau en quatre ans, on peut se demander si ce chiffre n'a pas été gonflé par des stocks de précaution. La composante des prix payés a légèrement reflué mais demeure à un niveau historiquement élevé.

De l'autre côté de l'Atlantique, l'inflation en zone euro a progressé conformément aux attentes à 3,2% en mai, une hausse des taux de la Banque centrale européenne étant désormais largement anticipée pour la fin du mois.

STMicro a soutenu la progression des principaux indices boursiers européens mardi matin, tandis que les marchés asiatiques ont une nouvelle fois profité de l'enthousiasme pour la technologie observé lundi à Wall Street.

Avant l'ouverture de mardi, les contrats à terme sur les indices de Wall Street s'inscrivaient en repli par rapport aux records de clôture de lundi, les rendements des bons du Trésor américain à long terme se détendaient légèrement et le marché des changes restait calme.

Graphique du jour

L'indice sectoriel des logiciels du S&P 500 a enregistré en mai sa plus forte progression mensuelle depuis octobre 2002 et a terminé la semaine dernière à son plus haut niveau depuis la fin janvier, porté par les résultats solides de Dell et Snowflake.

Après une chute brutale en début d'année, alimentée par la crainte que les agents d'IA ne menacent les modèles économiques traditionnels, le secteur a presque effacé toutes ses pertes de 2026 à ce jour. Des titres tels que ServiceNow, IBM, Adobe, Salesforce et Workday ont tous poursuivi ce rallye cette semaine, et l'indice a encore grimpé de 4% lundi.

Les événements à suivre aujourd'hui

o Rapport JOLTS sur les ouvertures de postes aux Etats-Unis en avril (16h00 heure de Paris)

o Intervention de Beth Hammack, de la Fed de Cleveland

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