"Pas d'amélioration à l'horizon", écrivions-nous dans notre précédent commentaire de résultats publié il y a presque deux ans dans ces mêmes colonnes, tant les fondamentaux restaient dégradés et les signaux d'alerte nombreux : taux de croissance divisé par deux, rémunérations en stock-options outrancières, ventes d'insiders, directeur général qui quittait le navire au moment précis où il commençait à tanguer, etc.

Comme nous l'avions par ailleurs souligné dans de précédents commentaires de résultats, ici et , la perte d'exploitation de Snowflake ne faisait que se creuser au fur et à mesure de l'expansion de l'activité, à cause notamment des rémunérations en stock-options en augmentation continue ; on pouvait donc légitimement s'interroger sur un désalignement de plus en plus criant des intérêts des actionnaires avec ceux du management.

L'heure est-elle à l'inflexion ? La performance de croissance est stabilisée et l'hémorragie critique au niveau du compte de résultats effectivement endiguée, ce qui n'empêche pas le groupe d'absorber une perte avant impôts et éléments spéciaux quasi identique sur les deux derniers exercices annuels - tandis que le nombre de titres en circulation augmentait de presque 3%.

À l'inverse de Palantir, qui a compris l'avertissement du marché, donné des gages sur sa gestion et taillé dans le gras, avec la réussite que l'on sait, les rémunérations en stock-options chez Snowflake restent en expansion permanente et semblent hors de contrôle : 1,6 milliard de dollars sur l'exercice fiscal 2026, en augmentation de 36% sur deux ans et de 85% sur trois ans.

Les résultats du premier semestre de l'année fiscale en cours - exercice 2027 - tendent à indiquer que l'ensemble de ces tendances se poursuit. À en juger par la réaction du titre en séance, le marché n'a d'yeux que pour la performance de croissance, qui devrait être comparable sur l'année complète à celle de l'année précédente ; tandis qu'il demeure étonnamment clément à l'égard des rémunérations en stock-options qui, bien sûr, augmentent de nouveau.