Bientôt centenaire et remarquablement géré - voir à ce sujet Fuchs poursuit son expansion sur un secteur difficile - le groupe basé à Mannheim maintient son chiffre d'affaires et son profit d'exploitation à niveau d'une année sur l'autre.
Malgré un montant d'investissement au plus haut depuis 2020, il assure un profit cash - ou cash flow libre - record, exception faite de 2023 où les distorsions causées par la pandémie avaient dopé le besoin en fonds de roulement.
Fidèle à ses principes, Fuchs augmente son dividende pour la 24e année consécutive, et cimente par la même occasion son trône d'aristocrate du dividende outre-Rhin, assez loin devant ses deux prochains poursuivants Cewe et SAP.
Sur dix ans, Fuchs a augmenté son chiffre d'affaires d'un peu plus de moitié, et son profit d'exploitation d'un peu moins d'un quart. Le rythme de croissance du dividende est pile entre les deux puisqu'il augmente de 35% depuis 2016.
Le groupe, qui défend un excellent bilan et a traditionnellement su assurer une création de valeur très satisfaisante sur ses investissements, a entrepris de racheter ses actions entre 2022 et 2024 à des niveaux de valorisation comparables à ceux du moment, c'est-à-dire entre neuf et onze fois son profit d'exploitation.
Ce multiple de neuf fois le profit d'exploitation est proche du plancher de valorisation historique de Fuchs, touché pour la dernière fois au lendemain de l'invasion de l'Ukraine et pendant la crise de l'euro, entre 2010 et 2012 ; idem avec le rendement sur dividende, qui touche le même niveau qu'à ces époques.
Contrôlé par la famille éponyme depuis trois générations, Fuchs, qui réalise les deux tiers de son chiffre d'affaires en Europe, est le premier producteur indépendant de lubrifiants - un marché consolidé mais sans croissance - au monde. Devant lui, ses sept premiers concurrents sont tous des majors.
Les craintes sont parfois fortes que l'essor des motorisations hybrides et électriques ne vienne durablement perturber les ventes du groupe, qui semblent en effet plafonner depuis quatre ans. Celui-ci soutient néanmoins l'inverse, et voit dans l'évolution des mobilités une opportunité de marché tout à fait substantielle.



















