Le chiffre d’affaires du deuxième trimestre s’est établi à 2,8 milliards de dollars, soit un recul de 14,4% sur un an mais en hausse par rapport au premier trimestre. C’est toutefois ailleurs que le bât blesse : la perte nette atteint 97 millions de dollars, plombée par 190 millions de dépréciations et charges de restructuration liées au plan de redéploiement industriel annoncé en octobre 2024. 

STMicroelectronics détaille son activité selon deux axes : par ligne de produits et par marché final. Sur le plan des produits, l’activité reste dominée par les circuits analogiques, MEMS et capteurs (AM&S), qui représentent 41 % du chiffre d’affaires. Ces composants servent notamment à traiter les signaux électriques continus (température, pression, son), les MEMS (micro-capteurs mécaniques) détectent les mouvements ou vibrations (comme dans les airbags ou les smartphones), et les capteurs mesurent l’environnement (accélération, humidité, lumière). Les solutions d’embarqué (EMP), qui comptent pour 31 % du chiffre d’affaires, englobent principalement les microcontrôleurs et microprocesseurs intégrés dans une infinité d’objets du quotidien : voitures, équipements industriels, appareils domestiques, objets connectés. Ces puces pilotent les fonctions logiques ou automatiques. 

Viennent ensuite les produits de puissance et discrets (P&D) à 16%, qui comprennent des transistors, diodes et modules de puissance pour gérer, convertir et distribuer l’électricité dans les systèmes électroniques. Ils sont utiles pour les applications industrielles, les onduleurs, les alimentations et la motorisation électrique.

Enfin, les composants RF et optiques (RF&OC), pour 12 % des revenus, couvrent les circuits radiofréquences (communications sans fil, Wi-Fi, Bluetooth) et optiques (transmission de données par la lumière), très utilisés dans les télécoms ou l’internet des objets (IoT). 

Si l’on regarde côté clients finaux, l’automobile reste le principal débouché avec 40 % des revenus, devant l’industriel (22 %) et l’électronique grand public (23 %), tandis que les équipements de communication et l’informatique périphérique ferment la marche à 15 %.

Revenons-en aux résultats. Sur un an, tous les segments sont dans le rouge mais c’est l’automobile qui recule le plus. Le cœur du métier reste sous pression avec la guerre commerciale qui désorganise les chaînes d’approvisionnement et crée une incertitude persistante sur les volumes. La décroissance par rapport à l’an dernier devrait se poursuivre au troisième trimestre. Les marges devraient être affectées par des coûts liés à des capacités non utilisées.

Les analystes ne s’y trompent pas. Chez Barclays, on souligne que l’absence de levier opérationnel malgré la reprise des volumes. 

La dépendance au segment automobile (plus de 40 % du chiffre d’affaires) joue clairement contre le groupe en ce moment. Plusieurs constructeurs (Renault, Stellantis, Tesla) ont récemment revu leurs objectifs à la baisse. Tesla, qui représente environ 6 % des revenus de STM, a d’ailleurs prévenu ses investisseurs d’un ralentissement à venir. À cela s’ajoutent les incertitudes tarifaires et une potentielle perte de parts de marché dans le silicium carbure face à On Semiconductor. On l’aura compris, la visibilité est faible, d’autant que les critiques fusent sur la gestion du groupe, détenu à plus de 27 % par la France et l’Italie. Le gouvernement italien, en particulier, a haussé le ton face à ce qu’il perçoit comme un manque de lisibilité stratégique. Des tensions sont même apparues au sujet de la gouvernance, avec le rejet récent d’un administrateur proposé par Rome. Le titre a déjà perdu 35 % en un an.