La question reste ouverte pour le groupe basé à San José, qui publiait hier ses résultats du troisième trimestre. Sur les neuf premiers mois de l'année, si son chiffre d'affaires augmente, de 24,5 à 25,6 milliards de dollars, son résultat d'exploitation accuse lui un léger recul, de 4,5 à 4,3 milliards, ceci sans coûts de restructuration particuliers.
Idem pour le bénéfice par action, qui passe de 3,9 à 3,7 dollars sur une base diluée. Remarquablement, et c'est sans doute le principal développement à retenir si l'on compare les deux périodes, PayPal a réduit son nombre de titres en circulation de 978 à 887 millions grâce à des rachats d’actions conséquents, soit presque un dixième.
Cet été, on s'en souvient, PayPal refusait l'offre de rachat de Strive et Advent à 60,50 dollars par action. Le spécialiste des paiements, qui a changé de directeur général, et accueilli à sa tête Enrique Lores, transfuge de HP, veut croire qu'il a encore une carte à jouer dans les services financiers grâce à Venmo, malgré la relégation progressive de son activité historique au rang de simple opérateur de paiements via Braintree.
L’espoir est permis. Le volume de transactions traitées a augmenté de 7,3% en douze mois, et leur montant en valeur de 6,3%, tandis que la marge par transaction s'est stabilisée. Cette progression s'explique par la bonne résistance de l'offre de PayPal aux Etats-Unis, particulièrement grâce à Venmo, qui développe son offre de services, notamment le microcrédit, le fameux "buy now pay later", et les cartes de débit.
PayPal va retourner 6 milliards de dollars à ses actionnaires en rachats de titres en 2026, à des valorisations a priori attractives si effectivement le pivot de son activité est bien négocié. La capitalisation boursière du groupe, remarquablement, représente un multiple de huit fois ce montant.
Autrement dit, toutes choses égales par ailleurs, si PayPal défend son terrain pendant encore huit ans, les actionnaires qui parient sur ce scénario réaliseront un bon investissement. Si sa réinvention se concrétise, et que la croissance revient, c’est a priori un très bon investissement qu’ils réaliseront.
Restera pour cela à vaincre une dure réalité du terrain, en l'occurrence la concurrence redoutable de Stripe, d'Apple Pay ou de Google Pay, entre autres, ainsi que la pléthore d'acteurs du BNPL et des services bancaires digitaux, par exemple Wise ou Revolut, possiblement plus agiles et populaires, en particulier auprès de la Gen Z.
Les optimistes seront sans doute encouragés par les déclarations du nouveau directeur général de PayPal, qui anticipe une croissance "à deux chiffres" sur les nouveaux services proposés par le groupe.



















