Au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires recule de 36% par rapport à la même période l’an dernier, à 139 millions d’euros. La progression de 47% par rapport au premier trimestre montre à quel point l’activité du début d’année était faible pour une société dont la capitalisation était dix fois supérieure à celle d’aujourd’hui il y a seulement quatre ans.

Malgré ces chiffres catastrophiques (recul des divisions Communications mobiles, Automobile & Industrie et Edge & Cloud AI de respectivement 31 %, 74 % et 10 % sur le semestre), la dynamique opérationnelle ressort moins dégradée qu’attendu, avec notamment une marge brute de 25,1%, supérieure aux attentes.

Pour autant, la perte atteint 67 millions d’euros en raison d’éléments exceptionnels comme la perte de valeur de 41 millions sur les actifs SmartSiC et l’impact négatif des changes à hauteur de 19 millions.

Le vrai souci pour Soitec reste la demande. Le groupe est exposé à des secteurs qui ont connu par le passé plusieurs années de surcommandes et d’expansion rapide des capacités. Aujourd’hui les chaînes d’approvisionnement sont encombrées et les clients sont encore en phase d’écoulement des stocks, notamment dans les Communications mobiles et l’Automobile & Industrie. Soitec voit ainsi ses revenus et ses marges reculer depuis 2023.

La situation ne va pas s’arranger dans les mois à venir. Les objectifs sont nettement inférieurs aux attentes. La reprise de l’automobile reste lente et les marchés finaux ne montrent pour l’heure aucun signal tangible de réaccélération. L’activité Edge & Cloud AI demeure le seul moteur de croissance grâce aux besoins en substrats destinés aux applications IA. Ce segment reste toutefois insuffisant pour compenser à lui seul le recul des autres branches et tenir l’ensemble.

Le groupe n’a d’autre choix que de réduire ses investissements industriels et de suivre l’évolution de ses charges avec plus d’attention. L’endettement n’est pas dangereux à ce stade mais il a progressé à fin septembre.

La période actuelle n’est plus qu’une simple transition. La conjoncture est défavorable et le groupe souffre depuis maintenant trois exercices. Les choses ne pourront s’améliorer qu’avec des nouvelles positives venant à minima de l’un des trois marchés. On pense évidemment en premier à la division qui traite du cloud et de l’IA. Mais à l’heure actuelle, le récit que véhicule Soitec auprès de ses investisseurs ne prend plus. Le chemin sera (très) long pour redorer le blason.