Un point sur la séance à venir sur les marchés européens et mondiaux, par Ankur Banerjee

Les résultats à forts enjeux de Micron ont largement tenu leurs promesses en mettant en avant une demande soutenue pour ses puces mémoire, de quoi redonner du souffle à un rallye dopé à l'IA, les investisseurs mettant pour l'instant de côté les inquiétudes sur les valorisations et la demande.

Ces derniers jours, les marchés se sont recroquevillés, craignant que les valorisations des entreprises liées à l'IA ne soient devenues excessives après des années de gains fulgurants, tandis que montaient aussi les doutes sur le temps nécessaire pour rentabiliser les dépenses massives engagées.

Micron, seul fabricant basé aux États-Unis de puces de mémoire à large bande passante utilisées aux côtés des processeurs IA de Nvidia, a contribué à apaiser une partie de ces craintes : ses résultats montrent que des clients se sont engagés à hauteur de 22 milliards de dollars pour sécuriser leurs approvisionnements en puces mémoire.

Le groupe a également indiqué ne pas savoir quand l'offre de mémoire rattrapera la demande croissante. Une bonne nouvelle aussi pour les rivaux sud-coréens de Micron, SK Hynix et Samsung Electronics.

Tous deux ont bondi, propulsant le KOSPI en hausse d'environ 5 %, tandis que la Bourse la plus performante au monde depuis le début de 2025 est chahutée par la frénésie autour de l'IA, alimentée par un enthousiasme sans limite des investisseurs particuliers.

Cette envolée de l'IA n'a pas seulement fait des deux géants sud-coréens des semi-conducteurs des chouchous des marchés et des entreprises valant 1 000 milliards de dollars : elle a aussi propulsé leurs salariés dans le haut du panier du très concurrentiel marché matrimonial du pays.

Les prix du pétrole sont revenus à leurs niveaux d'avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février. Cela pourrait contribuer à atténuer certaines pressions inflationnistes. Les traders obligataires, toutefois, ne semblent pas en avoir tenu compte, puisqu'ils intègrent toujours au moins une hausse de taux de la Réserve fédérale cette année.

Ces paris sur des relèvements de taux ont porté le dollar à un plus haut de plus d'un an face à un panier de devises, tandis que le yen oscille près de ses plus bas en 40 ans. Il s'échangeait en dernier lieu à 161,73 yens pour un dollar, et un franchissement de 161,96 l'amènerait à son plus bas niveau depuis 1986.

L'attention se tournera vers les données d'inflation américaines, l'indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE), qui pourrait pousser le yen au-delà de ces niveaux et le rapprocher d'une nouvelle séquence d'intervention de Tokyo.

Principaux éléments susceptibles d'influencer les marchés jeudi :

Statistiques économiques : Allemagne, sentiment des consommateurs GfK pour juillet ; France, confiance des consommateurs pour juin