Concrètement, FTSE Russell a confirmé l’entrée des actions grecques dans ses indices de marchés développés à partir du 21 septembre.
Du côté de S&P Dow Jones, il ne s’agit encore que d’une proposition, la décision finale n’a pas été prise. L’agence évalue toutefois un poids potentiel de 0,08% pour la Grèce dans l’indice – devant le Portugal, derrière la Nouvelle-Zélande.
Le fournisseur d’indices Stoxx Ltd. devrait également réaliser cette intégration en septembre. Les analystes de JPMorgan s’attendent à des entrées passives de presque un milliard si les actions grecques intègrent les indices Stoxx 600 et Eurostoxx.
MSCI, le fournisseur d’indices le plus suivi et le plus strict, a en revanche rejeté la reclassification cette année. Bien qu’il laisse la porte ouverte pour l’an prochain, les critères de capitalisation et de liquidité ne sont pas encore remplis. Tout en sachant que l’intégration aux autres indices et l’attractivité de son marché boursier pourraient améliorer ces deux aspects.
The Revenant
C’est en 2013 que la Grèce a été reléguée dans la catégorie des pays émergents.
Depuis, la situation budgétaire a été redressée, et aujourd’hui, le berceau de la civilisation occidentale rejoint enfin les autres pays de la zone euro dans la catégorie des marchés développés.
La Grèce était devenue le symbole de l’Homme malade en Europe. Alors quand leurs taux à 10 ans sont passés sous ceux de la France, une sonnette d’alarme a retentit même chez ceux qui suivent ces ébats de loin.
Les grecs ont remboursé tous les prêts du FMI avant échéance et c’est l’un des six pays européens à afficher un excédent budgétaire. De surcroît, l’indice grec a surperformé le S&P 500 quatre fois sur les cinq dernières années. Le PIB a crû plus vite que celui de l’Union européenne sur les deux dernières années, et les projections vont dans le même sens pour les deux suivantes.
Malgré ces avancées, l’économie grecque reste confrontée à plusieurs défis : le chômage reste supérieur à la moyenne européenne, la productivité horaire est parmi les plus faibles de l’UE, le ratio dette/PIB avoisine encore les 150% et le PIB par habitant classe le pays 24e sur 27 dans l’UE.
ATHEX
L’indice grec, c’est 5 grandes capitalisations (+10mds) et 21 entreprises dont la capitalisation se situe entre 1 et 10 milliards d’euros.
La plus grosse capitalisation est l’embouteilleur Coca-Cola Hellenic. Elle est suivie de quatre banques qui composent le reste du top 5. Ces établissements sont dans les petits papiers des analystes de Morgan Stanley, HSBC et JPMorgan pour 2026. Ces grandes banques d’investissement mettent en avant leur sous-valorisation par rapport à leurs homologues européens, malgré une nette amélioration des fondamentaux.
Cependant, ces banques ont suivi une trajectoire similaire à leurs pairs européens, avec de très solides performances en 2025. Leur ratio cours/valeur comptable s’est enfin rapproché de 1, comme pour la plupart des banques européennes. Toutefois, leur PER reste inférieur à celui des autres banques.
C’est donc le moment d’évoquer l’ETF MSCI Greece, où les banques sont pondérées à hauteur de 73,5%. Celui-ci offre une performance de 80% sur un an.
Il est complété par des leaders sur leurs marchés respectifs : Opap (jeux de hasard), Public Power Corp (distributeur d’électricité), Jumbo (distribution de jouets en Europe de l’Est), et Hellenic Telecommunications (télécoms).
Mais il y a plus à découvrir à la Bourse d’Athènes. Par exemple, le secteur de l’énergie est bien représenté dans l’indice. Le pays veut devenir un hub énergétique, fort de sa position stratégique.
Malgré tous les signaux positifs qu’implique cette reclassification, on peut s’attendre à des effets limités à court terme. D’abord parce que MSCI, qui concentre à lui seul deux tiers des flux passifs, n’intègrera pas la Grèce cette année. Ensuite, parce que la pondération très faible prévue par les fournisseurs d’indices aura sans doute du mal à compenser le désintérêt d’investisseurs attirés par le risque.



















