Paris (awp/afp) - La Bourse de Paris affiche une petite forme jeudi, malgré un environnement favorable avec les bons résultats à Wall Street d'un maillon-clé dans la chaîne de l'IA et la baisse des prix du pétrole.
Vers 11h00, le CAC 40 progressait de 0,33% soit 27,65 points à 8414,30 points. Mercredi, le panier des 40 grandes valeurs françaises avait pris 0,54%, clôturant à 8385,49 points, soit un gain de 44,78 points.
Les résultats très attendus de Micron (puces, mémoire, stockage) ont temporairement rassuré les marchés.
Les investisseurs vont un temps oublier que "les dépenses d'IA massives sont de plus en plus financées par la dette alors que le coût de l'emprunt augmente" pour ne retenir qu'"une demande très robuste de puces et de centres de données", selon Ipek Ozkardeskaya, analyste senior chez Swissquote.
Les bons résultats de Micron et de Qualcomm (fournisseurs de Meta) profitent à Paris à STMicroelectronics (semi-conducteurs, +4,12% à 65,97 euros) et à Soitec sur un indice élargi hors CAC 40 (+9,60% à 117,60 euros).
Pétrole en baisse
Le marché de Paris intègre également à ses prix le cours du pétrole à son niveau d'avant le choc externe provoqué par la guerre lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël le 28 février.
Vers 11h00, le Brent de la mer du Nord, référence du brut en Europe, s'échangeait à 72,45 dollars (-1,75%) (69,28 dollars pour le WTI américain, -1,51%), avec la reprise progressive du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.
Dans la zone euro, les bénéfices de la baisse du prix du pétrole sont atténués par la remontée du dollar (la monnaie des transactions) à 1,1363 pour un euro.
Sur le marché boursier, TotalEnergies enregistrait la deuxième plus mauvaise performance du jour (-1,44% à 68,51 euros), avec l'effacement de ses bénéfices engrangés pendant la guerre.
Le géant pétrogazier français recevra par ailleurs jeudi une décision du tribunal judiciaire de Paris sur son devoir de vigilance, une procédure lancé par des ONG et la Ville de Paris.
Les plaignants demandent la cessation des nouveaux projets d'hydrocarbures, une réduction de la production de pétrole de 37% en 2030 et de 25% pour le gaz.
La palme du recul revenait cependant à Thalès dont la valeur du titre (-2,44%) passait sous la barre des 220 euros (219,80 euros).
L'Europe boursière de la défense souffre. En Allemagne, le champion de la défense Rheinmetall (-0,63% jeudi matin) a dévissé mercredi (-18,65%) après l'annonce par le gouvernement allemand de la fin d'un programme de frégates.
Dans le secteur automobile, Renault reculait (-0,53% à 26,44 euros) après l'annonce d'un plan de départ volontaire de 800 ingénieurs d'ici fin 2027 pour se réorganiser face à la concurrence chinoise.
Pas de détente obligataire
Malgré la baisse des prix du pétrole, le marché obligataire n'intégrait pas le reflux des risques d'inflation.
Les taux d'emprunt de l'Etat français pour financer sa dette affichait toujours près de 3,63% sur dix ans.
Jeudi, l'Insee a annoncé que la dette publique a dépassé les 3.500 milliards d'euros à 117,5% du PIB. Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure.
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