Le CAC 40 a beau regrouper les plus grandes entreprises cotées de la place parisienne, il n’est pas aisé d’obtenir des données détaillées sur les structures d’actionnariat. C’est le premier élément qui ressort de l’étude publiée récemment par Euronext et qui d’ailleurs fait écho aux conclusions d’autres publications sur le même thème. Le travail mené sur la base de données à fin 2024 a en effet identifié des actionnaires ne représentant « que » 67% de la capitalisation total de l’indice.

Deux points positifs toutefois. La part d’actionnariat non identifié a largement reculé en douze ans puisqu’elle était de 42% en 2012. Par ailleurs, le taux d’identification obtenu suffit à dessiner des tendances très intéressantes.

L’asset management en tête

Sans grande surprise, la gestion d’actif domine le palmarès avec un quart du capital contrôlé au travers de plus de 10.000 fonds. Une part globalement stable par rapport aux dernières années mais qui a tout de même progressé de 4 points depuis 2012.

La véritable évolution ici concerne avant tout la gestion passive. Elle contrôle aujourd’hui 8,8% de l’indice contre 6,5% en 2021 et il est à noter que BlackRock et Vanguard se classent en tête des sociétés de gestion les plus influentes avec des participations représentant respectivement 2,6% et 2,5% de l’indice (soit un peu plus que celles de l’Etat français).

Familles et fondateurs toujours présents

L’influence des familles demeure elle aussi prépondérante. Elles comptent pour 20,4% de l’actionnariat, 5 familles regroupant même à elles seules 18% de la capitalisation de l’indice.

Ce sont au demeurant 3 familles qui occupent le podium des plus gros actionnaires de l’indice : la famille Hermès pour 6,9%, la famille Arnault pour 6,6% et la famille Bettencourt-Meyers pour 2,7%.

Si le poids cumulé des familles a peu évolué depuis trois ans, il est tout de même à noter qu’il a fait un bond en avant sur douze ans (+10,7 points).

Bien entendu, cet actionnariat est loin d’être réparti de manière uniforme au sein de l’indice. Euronext n’a identifié d’actionnariat familial que dans 15 groupes sur 40. En revanche, le poids des familles y est conséquent puisqu’il atteint en moyenne les 31%.

Le grand public sur le podium

Les particuliers constituent collectivement le troisième pilier de l’actionnariat du CAC 40, avec 6,8% du capital de l’indice et des échanges quotidiens avoisinant les 122 millions d’euros.

Dans le détail, il apparaît que 27 sociétés seulement fournissent des données sur l’actionnariat individuel. Au sein de ces groupes, les particuliers pèsent en moyenne 9,4% de l’actionnariat total.

Sur longue période, la progression de l’actionnariat individuelle (+1,4 point depuis 2012) est moins marquée que pour les catégories citées précédemment. Toutefois, les particuliers sont les seuls acteurs avec les asset managers et les familles à avoir renforcé leurs positions.

Les salariés devancent l’Etat

Derrière ce trio de tête, les taux de détention apparaissent bien moins élevés. Les salariés comptent par exemple pour 3% de l’ensemble devançant les investisseurs industriels (2,5%) et l’Etat français. Présente dans près de la moitié des entreprises de l’indice parisien, la France détient 2,4% du capital de l’indice, soit beaucoup moins que les 6% encore affichés en 2012.

Les fonds souverains étrangers ne sont d’ailleurs pas loin derrière, leur part étant de 2,3% avec de surcroît un taux de 1,3% pour le seul Etat norvégien.

Enfin, les données d’Euronext montre que l’auto-détention demeure significative, 1,2% de la capitalisation de l’indice étant constituée d’actions détenues par les émetteurs eux-mêmes.