30 mars -

L'essentiel des marchés américains et mondiaux aujourd'hui

Par Mike Dolan, Éditorialiste Finance et Marchés

Les marchés restent sceptiques quant à une issue rapide du conflit au Moyen-Orient. Les cours du pétrole ont de nouveau bondi lundi, tandis que les bourses mondiales entament la semaine sur une note hésitante.

Tout espoir de désescalade à court terme s'est évaporé ce week-end avec l'entrée en lice des forces Houthis affiliées à l'Iran au Yémen. Parallèlement, le président Trump a évoqué la possibilité que les troupes américaines s'emparent de l'ile de Kharg, principal terminal d'exportation pétrolière de l'Iran. Les signaux en provenance de Washington demeurent toutefois contrastés, Trump continuant de mettre en avant les perspectives d'un accord de paix avec Téhéran.

Je reviendrai sur ces points plus en détail ci-dessous.

Mais d'abord, écoutez le podcast Morning Bid d'aujourd'hui, où j'analyse la poussée du brut et présente une publication clé attendue ce jour, qui pourrait fournir une première lecture de l'impact du choc énergétique sur les prix.

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ESCALADE SUR LE BRUT

Le Brent s'orientait lundi vers sa plus forte progression mensuelle historique en franchissant les 116 dollars le baril, tandis que le brut américain grimpait au-delà des 102 dollars. Les deux références ont légèrement reflué depuis, mais se maintiennent à des niveaux élevés. Ces mouvements font suite aux fortes hausses enregistrées vendredi dernier.

Plus inquiétant pour les consommateurs d'énergie - et pour les banquiers centraux - les contrats à terme sur le Brent à 3 mois se négocient désormais au-dessus de 100 dollars le baril. Cela témoigne d'un pessimisme croissant quant à une fin prochaine des hostilités et d'un risque accru de choc inflationniste persistant.

S'alignant sur le renchérissement du brut, les bourses asiatiques ont dévissé lundi. Au Japon, le Nikkei a lâché 2,8%, portant ses pertes de mars à près de 13%. En Corée du Sud, l'indice KOSPI a cédé près de 3%, affichant un repli de presque 9% sur le mois.

Néanmoins, les actions européennes progressaient légèrement lors des premiers échanges et les contrats à terme sur Wall Street étaient orientés à la hausse avant l'ouverture, peut-être rassurés par les propos de Trump sur d'éventuelles discussions avec Téhéran.

Dans le même temps, le dollar restait ferme, en passe de réaliser son gain mensuel le plus important depuis juillet dernier. La vigueur du billet vert a contribué à pousser le yen au-delà du seuil des 160 pour un dollar, généralement considéré comme une ligne rouge pour une intervention. Le responsable du change japonais, Atsushi Mimura, a déclaré lundi que des "mesures décisives" pourraient s'avérer nécessaires pour enrayer la chute de la devise nippone.

Alors que le choc énergétique se poursuit, les ministres des Finances, les ministres des Affaires étrangères et les banquiers centraux du G7 doivent se réunir virtuellement aujourd'hui pour évaluer les leviers d'action afin d'en atténuer les effets.

Les opérateurs pourraient également bénéficier de commentaires opportuns de la Réserve fédérale sur la situation actuelle, le président de la Fed Jerome Powell et celui de la Fed de New York John Williams devant s'exprimer aujourd'hui.

Nous aurons par ailleurs un aperçu de la transmission initiale du choc énergétique à l'inflation européenne avec la publication des chiffres de l'IPC allemand pour le mois de mars.

Parallèlement, le Pakistan, qui s'est imposé comme un intermédiaire crucial dans le conflit au Moyen-Orient, a déclaré préparer l'accueil de "discussions significatives" entre Téhéran et Washington - bien qu'il ne soit pas certain que l'une ou l'autre des parties ait accepté d'y participer.

Avec le déploiement de troupes américaines supplémentaires dans la région et des rumeurs d'opérations au sol, la crise semble à un tournant majeur. Il reste à déterminer si tout ce bruit mènera finalement à une escalade ou à une désescalade.

Graphique du jour

Les prix de l'essence à la pompe aux États-Unis ont bondi d'un tiers en mars avec les attaques en Iran et le choc énergétique qui en a découlé. Il s'agit de l'une des plus fortes hausses mensuelles jamais enregistrées. Le prix moyen du sans-plomb ordinaire oscille désormais juste sous la barre des 4 dollars le gallon.

Événements à suivre aujourd'hui

* Enquête de conjoncture de la Fed de Dallas (10h30 EDT)

* Interventions de Jerome Powell (Fed) et John Williams (Fed de New York)

* Réunion virtuelle des ministres des Finances, de l'Énergie et des banquiers centraux du G7

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Les opinions exprimées sont celles de l'auteur. Elles ne reflètent pas les vues de Reuters News qui, en vertu des Trust Principles, s'engage à l'intégrité, l'indépendance et l'absence de parti pris.