Il s'agit de la plus grosse opération de croissance externe jamais réalisée par Clorox, qui aura connu divers revers de fortune ces derniers temps, et fait subir à ses actionnaires une décennie perdue - puisque le cours de son titre languit en 2026 au même niveau que celui qu'il occupait il y a dix ans.
La croissance du chiffre d'affaires sera restée modeste, voire nulle à dollars constants. Faute de pricing power, l'inflation et l'intense pression concurrentielle ont en revanche comprimé les marges, si bien que le profit d'exploitation a diminué tout au long du cycle.
Dans ce contexte, Clorox a été bien inspiré de préserver son bilan, et d'utiliser diverses dépréciations d'actifs et charges exceptionnelles pour réduire son résultat comptable, et par extension sa note fiscale. Les cash-flows ont eux été plus ou moins préservés, même si les distorsions causées par la pandémie brouillent quelque peu les cartes.
En panne de croissance, Clorox a doublé sa distribution de dividendes sur la décennie. En 2025, cette distribution absorbait la quasi-totalité du cash-flow libre. Le groupe est néanmoins parvenu à se ménager un petit programme de rachat d'actions.
Face à cette anémie de croissance, Clorox est logiquement appréhendé par le marché à travers son rendement sur dividende. Celui-ci atteint 4,6%, soit une prime de risque d'à peine 0,3% par rapport aux obligations souveraines américaines à dix ans, qui paient actuellement un coupon de 4,3%.
Même absence de perspectives particulièrement juteuses si le groupe devenait une cible d'acquisition : à quatorze fois son profit d'exploitation avant amortissements, ou EBITDA, il s'échange actuellement dans la moyenne haute des transactions comparables observées dans son secteur.
Clorox a bouclé l'acquisition de GOJO à douze fois l'EBITDA ajusté de la cible, et neuf fois l'EBITDA après synergies. Ses deux précédentes opérations de croissance externe - Nutranext et Renewlife - n'avaient pas délivré les résultats escomptés ; il est donc à souhaiter qu'il fasse mieux cette fois-ci.


















