Fondé en 1880, le groupe est l'un des quelques acteurs qui structurent le marché mondial de la réassurance aux côtés de Swiss Re et Hannover Re. Son rôle ? Assurer les assureurs. Quand une catastrophe naturelle ou un sinistre industriel dépasse la capacité d'un assureur, c'est lui qui prend le relais. 

L’entreprise s'articule autour de deux pôles : la réassurance (70% des primes) et ERGO, sa filiale d'assurance directe. A cela s'ajoute “Global Specialty Insurance”, son nouveau segment dédié aux risques de niche (cyber, aviation, spatial) qui monte en puissance. 

Une excellence qui perdure

Le groupe vient de terminer son cycle “Ambition 2025” sur un sans faute. Il a dégagé un résultat net record de 6,1 MdsEUR, dépassant pour la cinquième année consécutive ses objectifs. Pour 2026, la direction place la barre encore plus haute avec son plan “Ambition 2030” qui vise un résultat net de 6,3 MdsEUR.

Le groupe profite d’un marché de la réassurance “dur”. Face à l’augmentation des catastrophes naturelles et des risques cyber, les assureurs sont contraints d’accepter des hausses de tarifs pour sécuriser leur couverture. Munich Re, grâce à sa position dominante, impose ses conditions. Cette discipline se reflète dans un ratio combiné (sinistres/primes) autour de 74%, parmi les meilleurs du secteur.

Le nouveau cap

Le lancement du plan “Ambition 2030” marque une nouvelle accélération. L'objectif est de maintenir un ROE supérieur à 18%. Pour y parvenir, le géant allemand s’appuie sur plusieurs leviers.

D’une part, un environnement de taux d’intérêt plus favorable. Avec un rendement de portefeuille attendu au-dessus de 3,5%, le groupe bénéficie pleinement de ses investissements financiers.

D’autre part, Munich Re ne se limite pas à la réassurance. Sa filiale “ERGO”, autrefois un point faible, est devenue une source de revenus plus stable et moins volatile (900 MEUR de profits visés).

Le “dividend king”

Cette année, le groupe confirme son statut de “dividend king” avec un versement de 24 EUR par action. A cela s’ajoute un programme de rachat d’actions de 2,25 MdsEUR.

Cette politique est soutenable. Avec un ratio de solvabilité de 298%, Munich Re dispose d’un excédent de capital qui permet d’afficher un taux de redistribution de plus de 80%.

Et les risques ?

Mais tout n’est pas si rose. Le groupe génère 29% de ses revenus en dollars, ce qui pèse mécaniquement sur les résultats en euros. C'est ce qui explique le repli des revenus de réassurance en 2025, malgré une activité robuste.

Le changement climatique constitue aussi un risque, mais à double tranchant. Il soutient les prix tant que la sinistralité reste dans les normes. Une fréquence trop élevée de catastrophes en 2026 pèserait sur la rentabilité. Aussi, la “social inflation” américaine (coût des litiges juridiques) oblige le groupe à être vigilant.

Acheter la sérénité

Malgré un cours de bourse proche de ses plus hauts historiques, Munich Re n'est pas particulièrement chère. Avec un PER qui reste raisonnable, l'action offre une combinaison rare de rendement et de résilience. Une obligation bonifiée, en quelque sorte.