La lecture macroéconomique fait toujours la place belle à la croissance avec une productivité en hausse, un stimulus fiscal “en route” et un crédit bancaire qui ré-accélère. A ce stade du cycle, il n’y a pas de boucle récessive tant que la consommation tient. Le marché du travail est sur pause : pas assez fort pour les nouveaux entrants mais pas encore assez faible pour casser la consommation, surtout avec l’effet richesse (actions/immobilier) et la dépense des baby-boomers. Côté prix, après l’impact des droits de douane, la désinflation reprend avec un CPI autour de 2,6–2,7%, et des revenus réels légèrement positifs. La politique monétaire est toujours accommodante avec des baisses de taux prévues, un retour du QE autour de 50 milliards de dollars auquel s’ajoute un QE “hypothèques” via FNMA/Freddie (on parle d’un package à 200 milliards). C’est un cocktail “liquidité” typiquement dollar-négatif à moyen terme. Parallèlement, la pression politique exercée sur le président de la Fed est plutôt de nature à favoriser une fuite hors du dollar vers des métaux précieux (or, argent).

Malgré ces facteurs négatifs à moyen terme, le dollar pourrait profiter de la volatilité accrue en période de mid-terms pour rebondir dans un premier temps, aidé également par les bonnes statistiques macroéconomiques qui ne militent pas pour une baisse de taux immédiate de la part de la Réserve fédérale américaine. Les observateurs ne s’attendent d’ailleurs pas à une première baisse de taux avant la fin du second trimestre.

Techniquement, la devise européenne évolue depuis septembre dernier à l’intérieur d’un large trading range compris entre 1.1485/70 et 1.1871/1920. Le sens de sortie est à surveiller avec attention car il devrait donner le "la" pour les prochains mois. Gardons en tête que la cassure des 1.1485/70 validera un retournement haussier du dollar (baissier euro) tandis que le franchissement des 1.1794 constituera un premier signal négatif dollar qui sera définitivement validé en débordement des 1.1871/1920. Dans un tel scénario, il faudra certainement envisager de couvrir les actifs libellés en dollars pour éviter une nouvelle déconvenue comme en 2025.