-4% pour le S&P 500 et -6% pour le Stoxx 600 sur le mois de mars. Voilà où nous en sommes en cette troisième semaine de conflit au Moyen-Orient. Une baisse relativement limitée, compte tenu des conséquences pour l’économie mondiale, et pour des indices qui étaient proches de leur record.
Plus surprenant encore, les mouvements à l’intérieur des indices. En effet, dans ce contexte de retour de l’aversion pour le risque, on s’attend à voir les secteurs défensifs surperformer. Mais ce n’est pas le cas cette fois-ci. La santé et les staples (consommation de base) sous-performent depuis le début du mois, quand la tech surperforme.
Un marché à l’envers
Le premier élément qui explique cela, c’est qu’une rotation était déjà en cours ces dernières semaines. En effet, les craintes de disruption par l’IA ont poussé les investisseurs à chercher des refuges. Ils se sont donc tournés vers les secteurs plus traditionnels de l’économie. Les investisseurs étaient donc déjà positionnés sur les valeurs défensives.
Ensuite, de nombreuses valeurs du secteur de la consommation de base ont publié des résultats décevants au cours des dernières semaines. Elles font face à la fois à des consommateurs qui ne sont plus prêts à absorber les hausses de prix et à des changements de mode de consommation (notamment liés au GLP-1). Le secteur de la santé est lui sous pression de l’administration Trump, qui veut faire baisser les coûts pour les Américains (médicaments, assurance…).
Enfin, si la tech surperforme depuis le début du mois, la performance reste négative. L’indice des 7 Magnifiques est désormais en baisse de plus de 10% par rapport à son record du 29 octobre dernier.
Le 60/40 ne protège pas
L’autre fait marquant dans cette séquence, c’est la baisse des obligations. En effet, lorsque le contexte se tend, les investisseurs ont tendance à se réfugier sur les obligations d’Etats. C’est tout l’intérêt du portefeuille 60/40 (60% d’actions, 40% d’obligations) : lorsque les actions baissent, le choc est amorti par une hausse des obligations.
Mais dans ce cas précis, les investisseurs se préparent à plus d’inflation et sont contraints d’enterrer leurs espoirs de baisses de taux. Résultat, les taux remontent. Or, lorsque les taux montent, les obligations baissent. Le 10 américain a repris environ 30 points de base depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. Selon Bloomberg, le mois de mars est à ce stade le pire mois pour les Treasuries depuis octobre 2024.

























