Le prix des véhicules d'occasion s'était envolé durant le Covid et les difficultés d'approvisionnement rencontrées par les constructeurs automobiles.
Ces pénuries dans le neuf avaient été une bénédiction pour CarMax, le plus grand détaillant de véhicules d'occasion du pays, avec plus de 1,3 million de véhicules vendus par an.
Mais la normalisation de la conjoncture s'est ensuite traduite par une violente correction boursière et une spectaculaire chute des volumes par rapport aux 1,6 million de véhicules vendus en 2022.
Cependant, c'est surtout la remontée des taux qui pèse sur les résultats de CarMax. Même avec un rendement pondéré du crédit supérieur à 11%, la marge d'intérêt nette de l’activité financière ne suffit plus à absorber le choc.
En conséquence, sur l'exercice fiscal 2026, la marge d'exploitation du groupe était deux tiers inférieure à la moyenne du cycle 2010-2020, cycle caractérisé par des politiques monétaires ultra-accommodantes et des taux de financement au plancher.
Comme les taux de crédit restaient eux très élevés, CarMax assurait à l'époque une rentabilité des capitaux propres qui oscillait autour de 20%. Mais avec la remontée des taux de financement, pour le coup plus répercutable au client, déjà essoré, cette rentabilité s'est effondrée à 4%.
Cela s'est traduit par un bénéfice par action de 1,7 dollar l'an dernier, revenu au même niveau qu'en 2011, et bien sûr sans commune mesure avec les 7 dollars réalisés en 2022. Quant à la capitalisation boursière de CarMax, si elle évoluait entre trois et quatre fois les capitaux propres sur le précédent cycle, c'est plutôt aux alentours de 1,4 les capitaux propres qu’elle évolue actuellement.
Les résultats semestriels du groupe laissent néanmoins entrevoir un net rebond, portés par des volumes et des prix de vente moyens en hausse, notamment au deuxième trimestre. Le consensus table désormais sur un bénéfice par action qui devrait revenir osciller autour de 3 dollars sur l'exercice fiscal complet.
À voir si cette dynamique peut se poursuivre face à l'envolée des taux et la conjoncture économique qui se dégrade outre-Atlantique.



















