Zurich (awp) - Le transformateur de produits carnés Bell Food Group, contrôlé par le géant de la distribution Coop, est parvenu à faire décoller sa rentabilité, malgré une croissance atone au premier semestre.

"Nous abordons le second semestre avec confiance", a assuré le directeur général Marco Tschanz, cité dans le document publié mardi. En téléconférence, il s'est toutefois épanché sur les chaleurs extrêmes et la sécheresse persistante sur le continent européen.

Celle-ci pèse sur les approvisionnements, a reconnu le patron de l'industriel alimentaire bâlois. Celui-ci fait venir en partie des salades de Turquie et doit constituer des stocks face aux pénuries.

Sur les six premiers mois de l'année, le groupe a affiché une maigre croissance de 0,4% de ses recettes en comparaison annuelle, à 2,41 milliards de francs suisses. La croissance organique a atteint 1,9%. Les revenus ont été soutenus par Bell Suisse, qui a vu ses volumes de ventes croître de plus de 2%, par Hubers/Sütag (volaille bio) et par Hilcona (pâtes fraîches et plat préparés).

En revanche, les ajustements de portefeuille d'Eisberg Autriche (baisse de 3,3% des volumes de ventes) et de Hügli (-4,8%) ont pesé. Ils sont finalisés chez le spécialiste des salades et le seront d'ici fin 2027 pour celui des soupes et des sauces.

Les marges, elles, ont sensiblement pris de l'embonpoint. L'excédent d'exploitation avant charges d'intérêts et impôts (Ebit) a bondi de 15,4% à 76,4 millions de francs suisses, quand le bénéfice net s'est envolé de plus d'un cinquième à 55,4 millions.

Bell met en avant l'accent mis sur des produits avec un potentiel de plus-value, des coûts de personnel stables et des gains d'efficience.

La croissance déçoit quelque peu les projections formulées par les deux analystes consultés par l'agence AWP. La rentabilité en revanche s'avère nettement plus probante que prévu.

Investissements moins lourds

Les flux de trésorerie disponibles se sont redressés à 40,5 millions, contre -24 millions un an plus tôt. Les investissements opérationnels ont atteint 122 millions. L'enveloppe doit se limiter à 300 millions pour l'année entière, contre 340 millions prévus initialement, "grâce aux économies et à une gestion rigoureuse des investissements", souligne le bâlois, selon lequel ce volume "peut-être financé par la trésorerie du groupe".

La direction fait miroiter pour l'ensemble de l'exercice un Ebit de 180 à 195 millions, ainsi qu'une augmentation de la rémunération des actionnaires.

Le groupe promet par ailleurs de brosser une première feuille de route à moyen-terme, qui sera dévoilée en février de l'année prochaine, parallèlement à la présentation des résultats annuels. Le document portera notamment sur l'évolution attendue de la croissance organique et des excédents opérationnels.

A la Banque cantonale de Zurich, Arun Vasudevan salue un résultat semestriel solide, avec une rentabilité supérieure aux attentes. Il relève toutefois que l'action a perdu 19% depuis le début de l'année quand le SPI a pris 13%. Le titre est relativement sous-évalué, reflétant les défis et la compétitivité du secteur, ainsi que les investissements élevés qui limitent la génération de flux de trésorerie disponible. L'expert recommande à pondérer au marché.

Les investisseurs se délectaient des nouvelles du jour. A la Bourse suisse, le titre bondissait de 8,7% à 197,20 francs suisses vers 12h40.

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