David Fuks, pouvez-vous nous rappeler ce qui fait l’originalité d’Aubay ?
"Nos clients sont de très grands comptes européens, pour plus de la moitié des banques et assurances que nous accompagnons en France et à l’international où nous réalisons la moitié de notre CA. Nous les conseillons, construisons de nouvelles applications et industrialisons leur patrimoine applicatif. Quand ils nous confient ensuite leur tierce maintenance applicative, cela participe à la récurrence de notre activité, qui se situe autour de 40%. Au-delà du positionnement, le succès d’Aubay depuis la création de la société en 1998 repose sur notre sens de la proximité et de la qualité du service rendu, ainsi que la culture de croissance rentable, équilibrant organique et externe, avec une trentaine d'acquisitions réalisées depuis la création."
Lors de la présentation des résultats semestriels aux investisseurs, vous vous êtes montrés confiants sur les prochains trimestres après un début d’année plutôt terne. Comme si le retournement pointait, quatre ans après notre dernière interview lors de laquelle toutes les planètes s’alignaient ...
"En effet, le retour de la croissance sur le secteur banque/assurance depuis le second trimestre se confirme : nous attendons une accélération sur le second semestre avec le lancement de nombreux nouveaux projets. Ces deux secteurs représentent 60% de l’activité du Groupe avant l’intégration de Solutec au 1er juillet 2025. La digitalisation, la modernisation des applicatifs, la conformité, la lutte contre la fraude, la data, le cloud et les moyens de paiements constituent le cœur des projets menés pour nos clients banque/assurance. Par ailleurs, l’industrie, les transports, le retail et le luxe se sont également montrés dynamiques au premier semestre, et le secteur de l’énergie devrait fortement rebondir au second semestre. En termes géographiques, la zone ibérique et en particulier le Portugal semble donner quelques signes d'amélioration concernant le nombre d'appel d'offres reçus mais il est encore trop tôt pour en tirer une tendance de fond. À périmètre constant, portés par un effet calendaire plus favorable sur la seconde partie de l’année, nous sommes très confortables avec notre objectif de croissance organique de 0 et +3 % après un premier semestre à -1.2%."

source : Aubay
Comment voyez-vous évoluer votre marge opérationnelle sur l’ensemble de l’exercice?
"Après une perte de marge opérationnelle d’activité de près d’un point au premier semestre qui s’explique essentiellement par l’impact calendaire négatif estimé à 3 M€ sur le CA et le résultat opérationnel, l’effet d‘un calendrier favorable (+5 jours travaillés au second semestre par rapport au premier) conjugué à un bon niveau de marge brute (salaires +2.1% et prix +2.5% au S1) et un bon taux de productivité nous permettront de rester dans la fourchette annoncée de 8,5 % et 9,5 % de marge opérationnelle d’activité en 2025 à périmètre constant."
Objectifs 2025 d’Aubay (source : Aubay)
Pourquoi êtes-vous si enthousiastes à l’idée d’intégrer Solutec ?
"Solutec est l’acquisition idéale : plus de 30 ans d’existence et un fondateur qui vend compte tenu de son âge après avoir développé sa société uniquement par croissance organique, une complémentarité géographique et sectorielle (forte présence dans le secteur de l’énergie avec Enedis comme 1er client), un changement de taille en France avec 40% de croissance du chiffre d’affaires supplémentaire…après plusieurs années de disette, puisque la dernière opération remontait à 2019, nous ne pouvions rêver mieux !"
Quels éléments financiers pouvez-vous nous partager sur cette opération, sur les synergies attendues ?
“Nous avons acquis 100% du capital, sans complément de prix, ce qui va nous permettre d’aller vite dans la réalisation de synergies, commerciales à 30% et de coûts à 70%. Nous nous donnons 2 à 3 ans pour faire passer la marge opérationnelle de Solutec de 3% en 2024 aux standards Aubay (9-10%), ne serait-ce qu’en augmentant le taux d’occupation des effectifs. En effet, Solutec était plus focalisée sur une logique de croissance, 7 à 8 % annuels ces dernières années, que sur la rentabilité.”

(source : Aubay)
Comptez-vous marquer une pause ou au contraire accélérer la consolidation du secteur des ESN ?
"Notre trésorerie nette positive (plus de 60 M€ fin 2025) et les 30 à 40 M€ de trésorerie annuels générés nous permettent d’envisager des acquisitions. Nous continuons de regarder beaucoup de dossiers, en particulier en Espagne, en Italie, mais aussi en France, en privilégiant la banque/assurance que nous maîtrisons bien. Cependant, les dossiers de sociétés de qualité restent rares. Le marché des transactions est quelque peu bloqué dans le secteur, il y a peu de sociétés comme Solutec à vendre."
Cette acquisition peut-elle modifier votre politique de retour à l’actionnaire et votre intérêt pour la Bourse ?
"Non, nous comptons continuer d’augmenter le dividende compte tenu du bon niveau du résultat net et l’excellente situation financière, en témoigne le versement d’un acompte sur dividende de 0,60 € par action au titre de l’exercice 2025 le 7 novembre prochain. De nouveaux rachats d’actions propres pourraient également être entrepris. Notre intérêt pour la bourse n’a pas changé. Cette nouvelle acquisition le montre."
Quels sont les impacts de l’IA pour Aubay ?
"Nous constatons que l’IA se diffuse un peu partout, mais surtout en termes d’usages personnels. Tous nos ingénieurs sont dotés d’outils d’IA dans leurs missions auprès de nos clients : cela fait partie de leur boite à outils et participe à leurs gains de productivité. Les plus jeunes recrues l’intègrent très naturellement, sans que l’on puisse véritablement mesurer des gains de productivité significatifs. Ce qui est sûr, c’est que les gains de productivité seront captés par les clients, et ce que nous avons tendance à penser, c’est que ces gains de productivité seront réinvestis dans d’autres projets informatiques."

(source : Aubay)



















