Accenture affronte une série de nouveaux défis : d'abord, les investisseurs craignent depuis longtemps que sa masse critique, désormais atteinte, ne diminue encore davantage ses perspectives de croissance ; ensuite, le gouvernement fédéral américain, gros client du groupe, a entrepris une révision générale de ses contrats de sous-traitance ; enfin, le raz-de-marée de l'IA - encore lui - pourrait directement menacer son gagne-pain.

Autant dire que les attentes des investisseurs s'étaient ajustées en conséquence. La capitalisation boursière d'Accenture a en effet effacé près de la moitié de sa valeur depuis le début de l'année 2025, pour revenir s'écraser à son niveau d'avant le Covid. Ceci, quelque part, ne rendait pas tout à fait justice à son historique de croissance et de profitabilité jusque-là immaculé.

Par ailleurs, malgré le soudain changement d'humeur du marché, on doit souligner qu’Accenture a réalisé en 2025 le meilleur exercice de son histoire, et produit un profit cash - ou cash-flow libre - avant acquisitions de presque 11 milliards de dollars, ou 10 milliards après acquisitions. L'exercice 2026 s'annonce du même acabit selon les premières prévisions du management.

La capitalisation boursière d'Accenture représente actuellement un multiple attractif de onze à douze fois ce profit cash, en l'état largement retourné aux actionnaires via des dividendes et des rachats d'actions, tous deux en augmentation soutenue. Concernant les acquisitions, il y a fort à parier que le montant engagé en la matière fut particulièrement modeste en 2025, et qu'il devrait repartir à la hausse cette année.

Accenture publiait hier ses résultats semestriels, et ceux-ci sont comme de coutume excellents. 2026, il faut bien le dire, ne montre pour l'instant guère de signes d'essoufflement. Au contraire : le chiffre d'affaires croît de 7% par rapport au premier semestre de l'année précédente, et le profit d'exploitation de 3,5%. 

Les rachats d'actions ont presque doublé, de 2,3 à 4 milliards de dollars sur six mois, tandis que la distribution de dividende se voit gratifiée d'une hausse de 9,2%. On aura donc connu pire contexte de crise. 

Sans surprise, le management attribue les récents contrats engrangés par le groupe à une forte demande de ses clients pour des solutions d'intelligence artificielle. Si elle se confirmait, cette tendance irait dans le sens de ceux qui pensent que l'IA représente une opportunité majeure - davantage qu'un risque - pour tous les grands acteurs du conseil en technologie.