* Six nouveaux visages dans le nouveau gouvernement
* Cinq femmes ont des portefeuilles, dont celui de la Défense
* Luis de Guindos, à l'Economie, voit ses prérogatives élargies
* L'opposition de gauche condamne un gouvernement fermé au dialogue
* Le PP s'appuiera sur Ciudadanos pour faire adopter 150 mesures
par Adrian Croft et Jesús Aguado
MADRID, 3 novembre (Reuters) - Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a dévoilé jeudi la composition de son nouveau cabinet, minoritaire, qui compte 13 membres dont six nouveaux visages et accroît le rôle dévolu au ministre de l'Economie Luis de Guindos, qui aura désormais un rôle-clé de coordination budgétaire avec Bruxelles.
Luis de Guindos est également chargé de l'Industrie, mais Cristobal Montoro conserve le portefeuille du Budget, contrairement aux attentes de ceux qui croyaient à la création d'un puissant ministère de l'Economie et des Finances.
Les membres du gouvernement sont pour l'essentiel issus des rangs du Parti populaire (PP, droite au pouvoir), et aucun véritable indépendant n'a été nommé. L'opposition a estimé de ce fait que cette nouvelle équipe gouvernementale ne donnait aucun signe d'ouverture au dialogue dont elle a pourtant besoin pour se maintenir au pouvoir.
Ce gouvernement rajeuni, dont l'avènement met fin à dix mois de paralysie politique en Espagne, compte cinq femmes, dont la vice-présidente du gouvernement Soraya Saenz de Santamaria, qui aura la charge des relations avec les régions autonomes au moment où la "généralité" de Catalogne projette d'organiser un référendum sur son indépendance.
Une autre femme, la secrétaire générale du Parti populaire, Maria Dolores de Cospedal, est nommée à la Défense.
Le diplomate de carrière Alfonso Dastis, ambassadeur d'Espagne auprès de l'Union européenne, obtient le portefeuille des Affaires étrangères, signe d'une volonté de Madrid de jouer un rôle plus actif sur la scène européenne à l'heure où des négociations vont s'engager sur les conditions du Brexit.
Le gouvernement Rajoy pourra compter sur l'appui de la formation centriste et libérale Ciudadanos, en ce qui concerne 150 mesures qui ont fait l'objet d'un accord préalable avec le Parti populaire. Mais même avec l'appui de Ciudadanos, le PP n'aura pas de majorité absolue au parlement.
Par la voix de son porte-parole Mario Jimenez, le Parti socialiste ouvrier espagnol (Psoe) a estimé que le gouvernement "n'est pas qualifié pour le dialogue".
Le parti anti-austérité Podemos, troisième force au parlement, a lui aussi condamné un gouvernement qui, pense-t-il, va procéder à de nouvelles coupes dans les dépenses publiques. (Eric Faye pour le service français)




















