2025 sera assurément un grand cru. Le directeur général de TSMC, C.C. Wei, annonçait dans la foulée des résultats semestriels que son groupe verrait son chiffre d’affaires augmenter d’au moins 30 % – en dollars américains – cette année.

Porté par une forte demande de puissance de calcul liée aux nouvelles technologies d’intelligence artificielle, ainsi que par le succès de ses puces de trois nanomètres, le Taïwanais signerait ainsi sa meilleure année depuis 2010 en termes de croissance – exception faite de 2020, année marquée par de déraisonnables distorsions de prix.

En dollars, TSMC a quadruplé son chiffre d’affaires en une décennie, et quintuplé son bénéfice. L’Américain Intel souffre bien sûr la comparaison, avec un chiffre d’affaires en déclin sur la période, et des comptes dans le rouge vif depuis quelque temps. Notablement, le budget R&D de TSMC est deux fois moindre que celui d’Intel.

Incontournable tant grâce à son échelle que par son avantage technologique, le Taïwanais est ainsi en mesure d’autofinancer des investissements dans ses capacités de production qui devraient approcher 50 milliards de dollars cette année.

À côté, Intel est largement dépassé, avec 24 milliards de dollars d’investissements l’an dernier et des cash-flows sévèrement négatifs depuis trois ans. Les espoirs de rattrapage semblent donc compromis, pour ne pas dire illusoires.

Pas de signe de ralentissement pour TSMC donc. Les marges et la rentabilité évoluent toujours à des niveaux record, avec des stocks qui n’ont jamais été écoulés aussi rapidement. Le corollaire de ces bons résultats est une nouvelle augmentation de 16 % du dividende.

Le groupe s’appuie toujours sur un bilan forteresse, avec la totalité de son passif entièrement couvert par la seule trésorerie. Là encore, la comparaison avec Intel – qui supporte lui 36 milliards de dollars de dette nette à son bilan – met en évidence la supériorité du Taïwanais.

Depuis vingt ans, nonobstant sa croissance phénoménale, la situation particulière de TSMC – en particulier son exposition au risque géopolitique – lui a toujours valu une valorisation moyenne de quinze fois les profits. Nul doute que ce multiple serait infiniment plus généreux s’il s’agissait d’un groupe américain installé aux États-Unis.

Très volatile depuis cinq ans, la valorisation oscille désormais aux alentours de vingt fois les profits. Zonebourse note que trois des cinq premiers actionnaires institutionnels du groupe ont augmenté la taille de leurs participations au capital durant le trimestre écoulé.