2 mars -  

Ce qui compte aujourd'hui sur les marchés américains et mondiaux

Par Mike Dolan, Rédacteur en chef, Finance et Marchés

Les prix du pétrole brut ont bondi jusqu'à 10% dans la nuit, suite à l'éclatement de la guerre au Moyen-Orient. Les frappes conjointes américano-israéliennes menées contre l'Iran samedi ont entraîné une réaction majeure de Téhéran, paralysant pratiquement le trafic dans le détroit d'Ormuz, passage maritime crucial. Les prix se sont légèrement repliés mais demeurent élevés.

Dans le même temps, les marchés financiers réagissent pour la première fois à l'escalade du conflit, marquée par la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei et une vague persistante de représailles à travers la région.

J'aborderai ces éléments et d'autres ci-dessous.

Mais d'abord, écoutez le dernier épisode du podcast quotidien Morning Bid – une édition spéciale avec le chroniqueur énergie de ROI, Ron Bousso, sur les conséquences du conflit pour les marchés de l'énergie.

TOURBILLON AU MOYEN-ORIENT

Les prix mondiaux du Brent ont dépassé les 80$ le baril ce matin, atteignant leur plus haut niveau depuis janvier 2025, avant de retomber autour de 79$ – un niveau encore loin des 100$ que beaucoup dans le secteur pétrolier considèrent comme une étape possible si le conflit se prolonge plusieurs semaines.

Le président américain Donald Trump a indiqué que l'opération pourrait durer quatre semaines – une durée suffisante pour que la fermeture effective du détroit d'Ormuz exerce une pression significative sur l'offre mondiale.

Une légère augmentation de la production OPEP+ en avril devrait avoir peu d'effet sur les problèmes d'approvisionnement, d'autant que les producteurs de la région auront du mal à exporter tant que la navigation dans le Golfe restera perturbée.

Point crucial pour les observateurs de l'inflation et des taux d'intérêt, les prix du brut affichent maintenant une progression annuelle positive pour la première fois depuis plus d'un an.

Après une nouvelle publication d'inflation élevée en janvier vendredi, la perspective d'une hausse progressive des prix de l'énergie obscurcit davantage l'horizon de la Réserve fédérale, les marchés ne prévoyant plus pleinement une nouvelle baisse de taux avant septembre.

Par ailleurs, la situation des bons du Trésor américain est particulièrement complexe.

Ils avaient enregistré un fort rebond en fin de semaine dernière, portés par des inquiétudes croissantes sur le crédit, des secousses sur les valeurs liées à l'IA et un mouvement de repli vers la sécurité face au risque de conflit avec l'Iran. Mais les risques d'inflation liés à la flambée du brut ont fait remonter les rendements à 2 ans, effaçant la baisse de vendredi.

Le dollar sort grand gagnant, les craintes sur les prix de l'énergie et un risque de déstabilisation régionale ébranlant les devises des grands importateurs d'énergie comme le Japon, la Chine et l'Europe.

Les indices boursiers ont encore reculé, mais sans excès – les contrats à terme américains, ainsi que les indices de référence asiatiques et européens, cédant tous entre 1% et 2%.

Graphique du jour

La hausse de 9% du pétrole lundi a été moins marquée que ce que beaucoup redoutaient pendant le week-end, mais la durée de ce conflit régional élargi sera déterminante pour la réaction des marchés énergétiques et financiers.

Au moins 150 pétroliers ont jeté l'ancre dans les eaux du Golfe, selon les données du transport maritime de dimanche, tandis que trois navires ont été endommagés dans le contexte de la riposte croissante de l'Iran aux frappes américano-israéliennes.

Événements à suivre aujourd'hui

* Indices PMI manufacturiers S&P Global et ISM des États-Unis pour février (9h45-10h00 EST)

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Les opinions exprimées sont celles de l'auteur et ne reflètent pas la position de Reuters News, qui, selon les principes de confiance, s'engage à l'intégrité, l'indépendance et l'absence de parti pris.