Aux côtés de son concurrent suédois Tetra Pak, SIG compte parmi les principaux acteurs mondiaux de l’emballage alimentaire et des boissons. Les emballages en carton représentent l’essentiel de son chiffre d’affaires (71 %), loin devant les solutions bag-in-box (poche insérée dans une boîte) et les poches à bec (16 %). Le reste provient des équipements et des services. Au niveau géographique, le groupe est très internationalisé avec une forte présence en Asie Pacifique et sur les continents d’Amériques même si l’Europe reste de peu la principale région. SIG est également implanté en Inde, au Moyen-Orient et en Afrique.

Introduite en bourse en 2018, la société a d’abord suscité quelques doutes parmi les investisseurs avant de connaître deux années particulièrement favorables. SIG a profité de l’augmentation de la consommation à domicile avec la pandémie de Covid-19, de l’accélération de son développement sur les marchés émergents et de son statut de valeur défensive dans une économie à l’avenir incertain. 

En 2022, le groupe a voulu accélérer : dans un marché à faibles marges et à croissance limitée, la consolidation apparaissait logique. SIG a ainsi racheté l’américain Scholle IPN, spécialiste des emballages pour liquides. Mais l’opération peine aujourd’hui à convaincre.  Elle n’a pas apporté les synergies attendues et laisse derrière elle un endettement lourd, équivalant à une dizaine d’années de profits. Parallèlement, certains segments comme la restauration hors domicile ont reculé, ce qui a pénalisé les volumes. Les coûts ont vivement progressé à cause de l’inflation des matières premières, de la logistique et de l’énergie, particulièrement gourmande dans cette industrie.

Ces difficultés, qui perdurent depuis plusieurs trimestres, obligent aujourd’hui SIG à revoir sa feuille de route. Le groupe suisse table désormais sur une croissance légèrement négative à stable, une contraction des marges et une restructuration marquée par d’importantes charges de dépréciation, la cession d’activités non stratégiques et la suspension du dividende. La disparition du coupon serait une première depuis le début de la cotation. 

SIG Group se retrouve ainsi à des niveaux de valorisation historiquement bas. Paradoxalement, l’action cote aujourd’hui en dessous de son niveau de 2019 alors que le chiffre d’affaires a depuis doublé. Ce qui importe réellement, c’est la capacité du groupe à dégager des bénéfices. Ils ont certes doublé par rapport à 2019 mais leur progression tient en partie à l’acquisition de Scholle IPN. La croissance interne est bien maigre. 

Privé de visibilité, la société s’engage dans une restructuration incertaine à un moment assez délicat. Les actionnaires risquent de traverser des semaines difficiles alors même que de nombreux indices enchaînent les records, galvanisés par les perspectives d’assouplissement monétaire aux Etats-Unis.