Le fabricant d'ordinateurs, d'imprimantes, de périphériques et de consommables informatiques anticipe un profit cash - ou cash-flow libre - compris entre 3 et 3,2 milliards de dollars sur l'année complète.

Comme nous le rappelions en mars dans HP complètement délaissé par les investisseurs malgré un bon parcours opérationnel, entre 2016 et 2025, HP avait généré en moyenne 3 milliards de dollars de profits cash par an, en ajustant cette moyenne à la baisse pour neutraliser la distorsion causée par la pandémie.

Au total, sur une décennie complète, ce sont 34 milliards de dollars, soit la totalité du cash-flow libre, qui furent redistribués aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d'actions. Il en résultait d'ailleurs un nombre de titres en circulation presque divisé par deux.

La croissance est certes médiocre, égale ou à peine supérieure à l'inflation, mais, avec ces attributs, et si l'on se référait à sa capitalisation boursière de seulement 18 milliards de dollars, HP méritait-il sa valorisation à la casse de moins de six fois son profit moyen, assortie d'un rendement sur dividende de plus de 6% et de rachats d'actions toujours soutenus ?

Sans doute pas, malgré des sujets d'inquiétude bien réels comme les droits de douane, l'inflation des prix de la mémoire et un changement de directeur général. D'où, sans doute, le spectaculaire redressement du cours de son titre ces derniers mois - en réalité une action qu'on pouvait presque assimiler à une obligation : pas de croissance, capacité bénéficiaire stable, coupon élevé, capital entièrement retourné aux actionnaires, etc. 

Les actionnaires du groupe noteront que les hausses de prix, bien absorbées, ont cependant été presque entièrement consommées par l'inflation des coûts d'approvisionnement, notamment en mémoires et en processeurs graphiques.

Il n'empêche que sur les neuf premiers mois de l'année, HP a pu défendre son bénéfice, augmenter son dividende, et continuer de racheter ses titres à des multiples attractifs. Ces développements sont positifs, même si les amateurs d'adrénaline lui auraient préféré le chinois Lenovo, présent aussi sur le segment des serveurs. Voir à ce sujet Lenovo crève le plafond à son tour.