Chez Zonebourse, on se répète parfois. Mais quand les bonnes publications s’enchaînent, difficile de faire autrement. A ce propos, voir notre analyse du début de l’été : Ryanair fait bande à part.
La première compagnie low-cost européenne affiche donc un excellent début d’exercice (comptabilité fiscale décalée) avec 57,9 millions de passagers recensés sur le trimestre dont près de 20 millions rien qu’au mois de juin. C'est plus de 50% supérieur à 2019, année de référence avant la pandémie mondiale.
Les bénéfices ont doublé sur un an. Cette progression repose sur quatre facteurs. Primo, les prix ont été augmentés en moyenne de 21% sans effet négatif sur la demande. Secundo, le calendrier fut particulièrement favorable puisque cette année, Pâques a eu lieu en avril, au tout début de l’exercice, contrairement à 2024 où il tombait en mars. Tertio, les revenus accessoires (bagages, embarquement prioritaire, restauration, etc) progressent à grande vitesse et représentent désormais le tiers du chiffre d’affaires total. Enfin, quarto, les tarifs de dernière minute ont été plus élevés que prévu. Ils ont permis de soutenir les marges.
Le PDG provocateur Michael O’Leary avait déclaré en début d’été que la saison serait belle, puisque la demande ne montrait aucun signe de ralentissement. Une prévision qui s’est révélée juste, à l'inverse des rivaux EasyJet ou Jet2 qui subissent, outre certaines difficultés opérationnelles qui leurs sont propres, les conséquences du bras de fer juridique entre Ryanair et les agences de voyages en ligne. Ce conflit affecte les circuits de distribution de plusieurs compagnies.
Une action au sommet
Le titre est aujourd’hui sur ses plus hauts historiques. Plusieurs facteurs pourraient toutefois modérer l’élan à court terme. Par exemple, Ryanair s’approvisionne exclusivement (ou presque) chez Boeing. La compagnie aérienne est d’ailleurs le premier client du constructeur américain en Europe. Or, les droits de douane sur les avions commerciaux, conséquence de la politique tarifaire voulue par Donald Trump, pourraient rebattre les cartes et compliquer les approvisionnements. Ryanair espère recevoir 29 appareils au prix convenu. Autre point de friction : l’annulation d’environ 500 vols début juillet en raison de mouvements sociaux des contrôleurs aériens en France.
Quoi qu’il en est, Ryanair sort renforcé de ce T1. La trajectoire narrative de l’entreprise, élément clé dans la construction des valorisations, demeure solide. Les coûts sont maîtrisés et la position concurrentielle reste particulièrement forte dans un marché qui n'évolue guère sur une trajectoire favorable ces derniers temps. Si les réservations pour la suite de l’été continuent à ce rythme, l’exercice pourrait bien marquer de nouveaux records de rentabilité.




















