Catégorie à part, intemporelle et luxueuse par essence, le champagne affiche une meilleure résistance que les autres du secteur.
Bien positionné sur un segment milieu de gamme avec une force de frappe épatante tant en matière de distribution que d'internationalisation, Laurent-Perrier récolte les fruits de sa stratégie marketing bien pensée là où plusieurs de ses concurrents - notamment ceux qui ont joué à fond la carte du luxe - trébuchent.
Si Laurent-Perrier ne la joue pas luxe de manière indue, sa profitabilité, elle, est une profitabilité authentiquement digne du luxe. C’est encore le cas ce semestre, malgré un léger recul de sa marge d’exploitation, qui n’en reste pas moins tout à fait dans le haut du panier si l'on considère le secteur des vins et spiritueux dans son ensemble. La performance est à saluer.
Comme de coutume au premier semestre, la génération de cash est négative, car pénalisée par les exigences du besoin en fonds de roulement. Zonebourse souligne qu'elle fut nulle puis sensiblement négative sur les deux précédents exercices fiscaux complets ; nos analystes s'attendent cependant à ce que cette tendance s'infléchisse puisque le groupe, historiquement, a toujours été habile avec sa gestion du cash.
Les producteurs de champagne sont soumis à la même difficulté structurelle que celle rencontrée par Rémy Cointreau, par exemple, à savoir une difficulté structurelle à générer du cash-flow libre redistribuable aux actionnaires. En cause : un besoin en fonds de roulement exigeant, car lié à la reconstitution des stocks, et qui pèse donc durement sur le cash-flow d'exploitation.
Nous soulignions au début de l'année que les valorisations boursières des trois producteurs français cotés en bourse avaient bu la tasse. Celle de Laurent-Perrier évoluait traditionnellement entre quinze et vingt fois le profit d’exploitation avant amortissements, ou EBITDA, contre onze fois à l'époque. Statu quo à ce niveau, avec même une légère érosion supplémentaire de ce multiple ces derniers mois.
Depuis le début de l'année, la capitalisation boursière du groupe évolue par ailleurs sous la valeur de ses capitaux propres, ce qui historiquement n'était arrivé qu'une seule fois - au pic de la panique liée au covid.

















