C’est une statistique clé pour les marchés qui est cette fois passée un peu inaperçue. Vendredi, le BLS a publié le traditionnel rapport sur l’emploi. Mais entre des marchés fermés pour le week-end de Pâques et les développements du conflit en Iran, ces chiffres sont un peu passée au second plan.
Ce fut pourtant une bonne surprise : l’économie américaine a créé 178 000 emplois en mars, bien au-delà des attentes du consensus (65 000). Le taux de chômage redescend ainsi à 4.3%, contre 4.4% attendu. Comme nous l’expliquions vendredi, c’est sans doute une forme de correction par rapport aux mauvais chiffres du mois précédent. Et il ne faut pas s’attendre à des chiffres aussi élevés dans les prochains mois.
Il n’empêche que c’est une bonne nouvelle pour la Fed : en dépit des chocs et des nombreuses sources d’inquiétude, le marché de l’emploi tient. Jerome Powell et ses camarades peuvent donc se concentrer sur l’autre partie du mandat : l’inflation.
Ce sera d’ailleurs le point d’attention pour les investisseurs cette semaine. L’inflation PCE du mois de février sera publiée jeudi. Une statistique qui ne devrait pas nous apprendre grand-chose puisqu’elle concerne une période pré-guerre en Iran. Le chiffre le plus important sera donc le CPI du mois de mars, vendredi. Le consensus attend une inflation à 3.3%, ce qui serait le plus haut niveau depuis deux ans.
Hier, l’ISM des services est ressorti en dessous des attentes. Surtout, la composante prix payés s’est envolée à son plus haut niveau depuis octobre 2022, signe de tensions inflationnistes.
Pour le moment, la Fed est dans une approche "wait and see", le temps d’y voir un peu plus clair sur les effets du choc énergétique. In fine, la question clé est de savoir si le choc sur les prix sera transitoire ou s’il sera plus durable. Et une bonne partie de la réponse se situe au niveau du marché de l’emploi. Si ce dernier est tendu, il peut y avoir des effets de second tour (des hausses de prix qui se transmettent aux salaires) et donc l’inflation peut repartir.
C’est ce qui s’était produit lors de la précédente vague inflationniste (2021-2022). De ce point de vue, le contexte est différent aujourd’hui. Il y a moins d’un emploi disponible pour un Américain au chômage, le taux d’embauche est tombé à 3.1%, son plus bas niveau depuis la pandémie de Covid, et les salaires progressent eux aussi à leur plus faible niveau depuis 2021.

















