Une mauvaise surprise à laquelle il faut ajouter une révision négative du mois précédent : 3000 postes ont été détruits en août, contre 54 000 créations en première lecture.

La semaine ne devrait pas permettre d’y voir plus clair, puisque le shutdown entraine la fermeture de nombreuses agences, dont le BLS. Ainsi, le très attendu rapport sur l’emploi (NFP : Non Farm Payrolls) ne devrait pas être publié ce vendredi.

Les économistes se concentrent habituellement plus sur le rapport sur l’emploi que sur l’enquête ADP publiée deux jours avant. Mais puisque nous n’aurons que cela à nous mettre sous la dent cette semaine, il est intéressant de noter que l’enquête ADP et le rapport du Département du Travail convergent depuis quelques mois. Les deux montrent des créations de postes autour des 30 000 par mois, lorsqu’on regarde les moyennes sur 3 mois.

Enquête ADP (rose) et NFP (blanc). Moyenne 3 mois des créations de postes. Source : Bloomberg

La Fed en soutien

D’abord ce que l’on constate, c’est le net ralentissement des créations de postes en quelques mois. Nous sommes ainsi passés d’environ 200 000 en début d’année à 30 000 désormais. Un ralentissement qui est le résultat d’un marché du travail un peu figé : les entreprises sont plus prudentes sur les embauches, les employés démissionnent moins.

Mais c’est aussi la conséquence d’une offre de travail plus faible, du fait du durcissement de la politique migratoire depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump. En effet, les tentatives de traversée de la frontière sud ont chuté, tandis que l’administration américaine veut expulser 1 million de personnes par an.

Tout cela aboutit à une situation où les créations de postes sont faibles (et devraient sans doute le rester) mais où le taux de chômage reste relativement stable.                               

"Globalement, si le marché du travail semble équilibré, il s'agit d'un étrange équilibre résultant d'un ralentissement marqué de l'offre et de la demande de travailleurs. Cette situation inhabituelle suggère que les risques à la baisse sur l'emploi augmentent. Et si ces risques se matérialisent, ils peuvent le faire rapidement, et se traduire par une forte augmentation des licenciements et une hausse du chômage". C’était ce que disait Jerome Powell en août à Jackson Hole, le discours dans lequel il a ouvert la porte aux baisses de taux.

Depuis, la Fed s’est engagée sur ce chemin avec une baisse de 25 points lors du meeting de septembre. Les marchés anticipent deux baisses supplémentaires d’ici à la fin de l’année. Un scénario renforcé par les chiffres de l’enquête ADP.