Au pic des confinements, sa valorisation atteignait 14 milliards de dollars. Près de six ans plus tard, en perte de vitesse et victime d'un spectaculaire désamour des investisseurs, comme nous l'écrivions en février 2025 dans ces mêmes colonnes, Bumble est en discussion pour être privatisé et retiré de la cote.
Le groupe réalisait l'an dernier 259 millions de dollars de profit d'exploitation avant amortissements, dépréciations ou EBITDA, contre 263 millions de dollars l'année précédente et 121 millions en 2023. Cette progression s'est expliquée par une coupe drastique des rémunérations en stock-options à la fin de 2023.
Le premier semestre de l'exercice 2026 témoignait d'une certaine résilience, avec 130 millions d'EBITDA sur six mois, malgré un chiffre d'affaires qui fondait lui de 15% d'une année sur l'autre.
Cette capacité à tenir bon devrait toutefois s'éroder, car les efforts d'économies permettent de sauver les apparences mais pas d'enrayer un déclin sans doute structurel face à Hinge, en pleine croissance, et à Tinder, les plateformes du rival Match.
Les discussions du moment porteraient sur une valorisation d'un milliard de dollars, avec pour acquéreur potentiel Ithaca Holdings. Avec entre 350 et 400 millions de dette nette, et 100 millions d'intérêts minoritaires, ceci laisserait une valeur sur les capitaux propres de 500 à 550 millions de dollars.
C'est très exactement sur ce premier palier qu'a bondi le titre hier lors de l'annonce de Reuters, qui à ce stade reste naturellement prospective. Pour les amateurs du genre, pas d'opportunité d'arbitrage évidente donc, ni de grand espoir que l'enveloppe soit épaissie, même si, sur le papier, une valorisation de quatre fois l'EBITDA ne semble pas cher payée.



















