C'est un nouveau normal pour Saab, qui publiait ce matin des résultats trimestriels excellents - sans surprise. Sur les neuf premiers mois de l'exercice fiscal 2025, son chiffre d’affaires augmente ainsi de 20%, et son profit d'exploitation de 30% par rapport à l'an passé à la même époque.

En parallèle, et même si c'est anecdotique tant la position financière du groupe n'a jamais posé de risque, le bilan a été ramené à une situation de trésorerie nette positive. Voici qui le place donc dans d'excellentes dispositions à la veille d'un nouveau cycle d'investissements.

Il s'agit en effet d'honorer un déluge de nouveaux contrats, illustré par la santé robuste du carnet de commandes qui atteint un record historique de 202 milliards de couronnes suédoises, ou 18,4 milliards de dollars américains. Celui-ci a littéralement doublé en cinq ans, avec une dynamique positive sur tous les segments, et bien entendu la guerre en Ukraine en toile de fond.

Encore ce succès commercial n'inclut-il pas l'annonce plus tôt cette semaine de la signature d’une lettre d'intention entre Saab et l'Ukraine, qui souhaite acquérir entre 100 et 150 Gripens à très court terme. Multirôle, capable et économique, l'avion de combat suédois remporte ici son plus gros contrat à l'export puisque la commande - si elle se concrétise bel et bien - sera au moins trois fois supérieure en volumes à celle du contrat brésilien, jusque-là le plus important.

Les autres segments du groupe connaissent eux aussi une réussite semblable, notamment le segment équipements terrestres qui développe des technologies antidrone et des munitions rôdeuses désormais devenues incontournables sur le champ de bataille ; ainsi que le segment maritime, qui devrait profiter d'un réarmement massif des marines scandinaves et britannique pour contrer l'influence russe en mer du Nord, en Baltique et dans l'Arctique.

Saab commande désormais une capitalisation boursière de 285 milliards de couronnes - en comptant la participation non listée d'Investor AB - soit 26 milliards de dollars américains, pour un résultat net qui devrait approcher 600 millions de dollars cette année, et 750 millions l'année prochaine. Ceci se traduit en de plantureux multiples de quarante-trois et trente-cinq fois les profits attendus en 2025 et 2026, presque deux fois supérieurs à leur moyenne d'avant-guerre.

Comme ses confrères du secteur, le directeur général Micael Johansson poussait plus tôt cette année un coup de gueule contre les trop timides mesures européennes pour relancer durablement le secteur de la défense. Les budgets militaires du Vieux Continent restent encore aux deux tiers dirigés vers des fournisseurs américains - même s'il est vrai qu'une large partie de ce flux est captée par le programme F-35.