Dans une activité ingrate, puisque directement corrélée aux résultats sportifs, les profits comme les gloires sont par essence éphémères. Déjà maintes fois discutés dans ces colonnes, les cas de Manchester United, de l'Inter Milan, de la Juventus ou de l'Ajax d'Amsterdam, tous cotés en Bourse, en offrent des exemples probants.
C'est peu de dire que les analystes de Zonebourse ont toujours exprimé une grande défiance vis-à-vis des perspectives d'investissements dans les clubs de football européens. Ils offrent à leurs propriétaires d'indéniables avantages en termes de prestige - et, lorsque c'est nécessaire, de crédits d'impôts - mais, dans l'ensemble, les actionnaires minoritaires n'ont eux eu que leurs yeux pour pleurer.
Il existe cependant une exception : le Celtic Glasgow, coté sur la bourse de Londres, et qui a pour sa part assuré une belle performance financière à ses propriétaires puisque son titre a doublé en cinq ans, et triplé en dix ans. Ceci, signalons-le quand même, alors que le Celtic n'a jamais retourné un centime de dividende à ses actionnaires.
Le club, qui compte le milliardaire irlandais Dermot Desmond à son capital avec environ 35% des parts, possède un avantage de taille : il domine complètement son petit championnat national, ce qui lui a valu seize titres de champions - avec tout ce que cela implique de recettes, de droits télévisés et de sponsoring - sur les vingt derniers exercices.
C'est grâce à cela que l'entreprise Celtic a triplé son chiffre d'affaires en dix ans, et n'a réalisé sur la période que trois exercices déficitaires. Ou plutôt, pour être plus précis et parler en termes footballistiques, deux matchs perdus et un match nul.
En termes de valorisation, le club, dont l'actionnariat est bien verrouillé, a toujours vu son titre buter sur le plafond de deux fois les capitaux propres, et rebondir sur le plancher d'une fois ces mêmes capitaux propres - qu'il a touché sept fois en vingt ans. Son titre s'échange actuellement à x1,4 les capitaux propres.
Si le championnat écossais est maîtrisé, c'est au niveau européen que le bât blesse pour le Celtic, faute de joueurs de pointure réellement internationale. C'est ce qui depuis des années alimente les critiques des supporters à l'encontre du très secret Dermot Desmond, accusé de protéger l'équilibre financier du club plutôt que de favoriser ses ambitions sportives.
A ne pas en douter, fans et actionnaires auront ici des perspectives sur la question très différentes.


















