La semaine dernière a été ponctuée de statistiques en provenance des Etats-Unis qui pointent toutes dans le même sens : la croissance économique montre de sérieux signes de faiblesse. Tout d’abord, l’ISM Manufacturier est toujours en zone de contraction à 47.2 contre une estimation de 47.5. Pire, l’ISM Prices Paid qui reflète le sentiment des entreprises concernant l’inflation future s’est affiché en nette hausse à 54 contre 52 attendus. Quant aux dépenses de construction, elles continuent de ralentir en rythme mensuel à -0.3%. L’ensemble de ces indicateurs pour le moins mitigés ont eu plusieurs conséquences directes : les indices actions ont commencé à tanguer, le pétrole (aidé également par la réouverture des gisements en Lybie) a accusé le coup et les bonds ont profité d’un flux de capitaux poussant mécaniquement les rendements à la baisse. A ce propos, les investisseurs estiment désormais à 50% les chances d’une baisse de 50 points de base dès la réunion de septembre. Toutefois, si une telle décision devait être prise, elle sera à mettre en parallèle d’une situation économique qui se dégrade et non d’une inflation maitrisée. Autrement dit, la baisse des taux aura pour but d’enrayer la chute des indices plutôt que d’alimenter leur hausse.

Pour limiter la casse, il ne restait plus que les chiffres du chômage. Mais alors que les économistes tablaient sur 165k créations d’emplois non-agricoles, elles sont ressorties à 142k. Après les mauvais chiffres de juillet, négativement impactés par l’ouragan Beryl au Texas, le taux de chômage était attendu en baisse à 4.2%. Bonne pioche pour cette fois : il a été publié parfaitement en ligne avec les attentes. Finalement, la montagne a un peu accouché d’une souris, l’indécision dominant encore les débats à l’issue de cette publication. En attendant, la semaine sera marquée par la publication successive du CPI, prévue mercredi puis du PPI le lendemain. Gageons que ces dernières statistiques viendront mettre de l’eau au moulin de la Fed pour baisser ses taux d’intérêt le 18 septembre. En attendant, le rendement du 10 ans américain s’offrait le luxe de retester ses points bas de début août à 3.66%. On gardera à l’esprit le fait qu’en tendance, l’objectif reste situé à 3.50% avant les 3.26% avec une première zone de résistance à 4.00/04%.