Avant de plonger dans le bain de cette chronique hebdomadaire consacrée aux taux d’intérêt, je voulais vous poser une simple question : qui contrôle réellement le marché ? Pour que les indices montent, encore faut-il que les investisseurs aient envie d’acheter des actions. Et pour cela, encore faut-il avoir de l’argent. Alors d’où vient-il ? Il existe trois sources principales :

  • l’épargne des acteurs économiques individuels et le fruit de leurs précédents investissements
  • les entreprises qui arbitrent leurs liquidités ou d’autres investissements en faveur du marché des actions
  • une baisse des taux d’intérêt qui se traduit par une augmentation de la masse monétaire stimulant par ricochet la croissance des entreprises via l’investissement qui en retour va permettre d’augmenter les salaires, l’épargne salariale et l’investissement individuel

Cette troisième source est de loin la plus puissante puisqu’elle provoque une cascade de conséquences à plus ou moins longue échéance. Vous comprenez pourquoi les investisseurs cherchent depuis des mois à anticiper la date de la première baisse de taux aux Etats-Unis. Avec l’augmentation sensible d’une première action dès septembre, potentiellement suivie de deux autres d’ici la fin de l’année, l’horizon boursier s’est notablement éclairci d’autant que les récents chiffres quant à la santé de l’économie américaine continuent d’alimenter le scénario d’un atterrissage en douceur. Les ingrédients d’une participation plus large au rallye boursier en cours depuis octobre 2023 se mettent en place. Ainsi, les valeurs liées à l’immobilier américain se sont particulièrement illustrées au cours de la semaine passée en parallèle de la baisse programmée des taux d’intérêt. Il en est de même pour les « utilities » et les financières.

Source : Bloomberg, RRG graph

Bien évidemment, cette rotation en faveur des valeurs sensibles aux taux doit se faire au détriment d’autres secteurs parmi lesquels on retrouve les valeurs télécoms (qui comprennent notamment Alphabet et Netflix), la consommation discrétionnaire et les valeurs technologiques.

Pour rappel, le 10 ans américain reste dans une tendance baissière à court terme caractérisée par un canal descendant en cours depuis fin avril dont il teste toutefois la borne inférieure autour des 4.14%. Un rebond intermédiaire pourrait donc se matérialiser dans un premier temps avant de poursuivre la décrue en direction des 4.06/00%. Si vous voulez toutefois miser sur un tel mouvement intermédiaire, il nous semble plus intéressant de miser sur l’OAT français dont le rendement à 10 ans est revenu sur la borne inférieure de son canal ascendant en cours depuis janvier 2024 à 3.07/04%.