Ces réunions, qui se dérouleront principalement en Europe, permettront à Shein de tester l'appétit des grands investisseurs pour son offre. Cette démarche s'inscrit dans un contexte où l'entreprise, évaluée à 66 milliards de dollars lors d'une levée de fonds l'année dernière, cherche à convaincre les investisseurs de la solidité de son modèle économique et de sa santé financière.
Un porte-parole de Shein, dont le siège social est désormais à Singapour, a refusé de commenter ces informations. En juin dernier, Reuters avait rapporté que Shein avait déposé en toute confidentialité des documents auprès de l'autorité britannique de régulation des marchés, marquant ainsi le début du processus pour une potentielle cotation à Londres d'ici la fin de l'année.
Pas d'accès à Wall Street
Cette décision de se tourner vers Londres intervient après que les ambitions initiales de l'entreprise pour une introduction en bourse à New York ont été contrecarrées par l'opposition de législateurs américains. En effet, la Commission chinoise de réglementation des valeurs mobilières (CSRC) aurait informé Shein qu'elle ne soutiendrait pas une introduction en bourse aux États-Unis, en raison de préoccupations concernant sa chaîne d'approvisionnement.
Alors que Shein se prépare à franchir cette étape cruciale, l'entreprise est sous le feu des projecteurs pour ses pratiques de travail et son impact environnemental. Ces facteurs seront déterminants pour séduire les investisseurs institutionnels mondiaux.
Un marché des IPO au ralenti en Europe
L'introduction en bourse de Shein pourrait revitaliser le marché londonien des IPO, qui peine à retrouver son dynamisme d'antan. Selon Dealogic, le Royaume-Uni n'a enregistré que neuf nouvelles cotations cette année, un chiffre bien en deçà des attentes. Pour remédier à cette situation, les régulateurs britanniques ont récemment accéléré la mise en œuvre de nouvelles règles destinées à attirer davantage d'entreprises à la Bourse de Londres, dans un effort pour concurrencer New York et l'Union européenne post-Brexit.
Par ailleurs, une récente initiative de l'Allemagne, de l'Autriche, du Danemark, de la France et des Pays-Bas visant à supprimer l'exonération des droits de douane sur les colis d'une valeur inférieure à 150 euros pourrait affecter la rentabilité de Shein. Cette mesure, si elle est adoptée, pourrait réduire les marges bénéficiaires de l'entreprise, qui a vu son bénéfice net plus que doubler l'année dernière pour atteindre 2 milliards de dollars, selon les estimations des analystes de Bernstein. Le groupe opère déjà ainsi sur la base d'un modèle en franchise de douane aux Etats-Unis.
En somme, l'avenir de Shein sur le marché londonien dépendra de sa capacité à surmonter les défis réglementaires et à convaincre les investisseurs de la viabilité de son modèle économique dans un environnement de plus en plus compétitif et réglementé.


















