Contexte. La crise de 2009 a été la pire de son histoire pour le marché mondial du jeu vidéo avec des ventes qui ont reculé de 9%. Les éditeurs s'en sont plus ou moins bien tirés. Le géant américain Electronic Arts a pâtit d'un recul de son chiffre d'affaires de 13% et d'une perte de 677 millions de dollars pour son exercice clos en mars dernier. Le français Ubisoft a enregistré une baisse de 18% de son chiffre d'affaires sur le même exercice. Pour la première fois depuis 2004, et pour la deuxième fois seulement depuis sa création, le groupe a été déficitaire avec une perte nette de 44 millions d'euros. D'autres éditeurs ont enregistré de meilleures performances, tels que l'américain THQ, ou le leader mondial ActivisionBlizzard. Ce dernier a bénéficié du succès continu du jeu "World of Warcraft". Facteur inquiétant, le marché ne donne pas de signe de reprise. Aux Etats-Unis, premier marché mondial, les ventes de jeux vidéo ont chuté de 26% sur un an en avril dernier. C'est l'une des quatre chutes les plus brutales jamais enregistrées, selon le cabinet de marketing NPD. Au total, les ventes de consoles, de programmes de jeux et d'accessoires ont atteint 766,2 millions de dollars, alors qu'un an auparavant, en pleine récession, elles atteignaient 1,03 milliard de dollars. La console portable DS de Nintendo est celle qui s'est le mieux vendue, même si ses ventes ont chuté de plus de moitié, à 440.800 unités.

Perspectives et enjeux. Après une année 2009 extrêmement difficile, les professionnels parient beaucoup sur le jeu en ligne pour dynamiser leur activité. Ce créneau pourrait même constituer leur première source de revenus d'ici à quelques années. L'idée est de fidéliser les joueurs pour les transformer en abonnés générateurs de revenus récurrents, ce qui constitue une priorité en temps de crise. Les projets s'accélèrent donc dans ce domaine. ActivisionBlizzard (filiale de Vivendi) bénéficie déjà d'une nette avance dans ce domaine car 11,5 millions de personnes dans le monde sont abonnés à son jeu multijoueurs "World of Warcraft". Electronic Arts mise beaucoup sur "Fifa Online", un jeu entièrement gratuit, téléchargeable sur PC. Quant à Ubisoft, il prévoit de retrouver une croissance rentable cette année, en partie grâce à ses investissements dans les services en ligne. Toutefois une menace pèse sur les éditeurs avec l'apparition de nouveaux acteurs sur le secteur du "social gaming". Certaines start-up utilisent notamment les réseaux sociaux comme Facebook pour diffuser leurs jeux massivement. Les éditeurs traditionnels cherchent donc à rattraper leur retard.

Pour comprendre. Industrie cyclique, le secteur des jeux vidéo regroupe les constructeurs de consoles et les éditeurs et développeurs de jeux. Les marques sont stratégiques dans l'industrie. Ainsi, grâce au succès mondial de son jeu en ligne "World of Warcraft", Vivendi Games s'est trouvé dans une position confortable pour négocier sa fusion avec Activision.