Contexte. Selon la fédération pour l'urbanisme et le développement du commerce spécialisé (Procos), en avril 2010, le commerce spécialisé en France a bénéficié d'une progression de son chiffre d'affaires de 2,7% par rapport à avril 2009. Toutefois les tendances positives des derniers mois sont à nuancer par un effet historique important. Ainsi, avril 2009 avait connu une nette détérioration de l'activité (-3,1%). En cumul sur quatre mois, la tendance reste positive (+2,3%). Les centres commerciaux de centre-ville (+4,4%) ont connu de très bonnes performances, alors que les rues marchandes sont plus à la peine (+ 1,8%). Au total, le commerce de centre-ville (+2,9 %) se porte mieux que la périphérie (+ 2,5%). Quant à l'industrie textile française, 2009 a été une année noire car selon l'Institut français de la mode, la production textile a chuté de 23% en volume par rapport à 2008, après une chute de 12% en 2008. Le chiffre d'affaires a reculé de 15%, ce qui est bien supérieur au recul de la consommation d'habillement, principal débouché du textile, dont le repli a été limité à 3,5%, à 11,7 milliards d'euros en 2009. Si les ménages ont privilégié les petits prix, ils ont également réduit leurs achats en volumes, ce qui est exceptionnel depuis la crise de 1992-1993. Les difficultés de l'industrie textile ne sont pas limitées à la France. En Europe, la production a plongé de 18% en volume et de 17% en valeur.

Perspectives et enjeux. Selon les données de la Commission Européenne, le commerce sur Internet a poursuivi l'an passé son développement en Europe. Un tiers des Européens (34%) ont réalisé des achats en ligne au niveau national en 2009, un peu plus qu'en 2008 (28%). Toutefois les Européens restent réticents à acheter en ligne en-dehors de leur pays. Seulement 8% l'ont fait l'an passé. De plus, pour les achats en ligne au niveau national, il y a de grands écarts entre les pays de l'Union Européenne : 66% des Britanniques en ont réalisé en 2009, contre seulement 2% des Roumains. Selon Benchmark Group, les ventes des sites de commerce électronique grand public devraient progresser en France de 9% en 2010 pour atteindre 16,9 milliards d'euros. D'après cette étude, la croissance attendue s'explique plus par la progression du nombre d'acheteurs en ligne que par la hausse de la dépense moyenne annuelle par consommateur. L'e-commerce sera en effet affecté par le ralentissement sur le marché du tourisme, qui a représenté 45% du chiffre d'affaires total en 2009.

Pour comprendre. Le secteur de la distribution spécialisée est très hétérogène : il inclut des enseignes d'équipement de la maison (bricolage, ameublement), de la personne (optique, chaussure, habillement) et de beauté (parfums et cosmétiques). Sensibles à la conjoncture (consommation, confiance des ménages, chômage, inflation et niveau des taux d'intérêt), les différentes composantes de ce marché subissent des influences spécifiques telles que la mode et le climat pour les vêtements ou l'évolution du marché de l'immobilier pour les enseignes d'équipement de la maison.