Introduit en bourse en 2012, Direct Line délivrait une performance économique stable et restait valorisé sur la même base que l’ensemble du secteur européen de l’assurance : aux alentours de dix fois ses profits et, dans un contexte de taux bas, pour un rendement sur dividende compris entre 4% et 5%. 

Le groupe assurait avec régularité un profit par action entre £0.25 et £0.30, qu’il distribuait dans sa quasi intégralité en dividendes. Le pic d’inflation qui suivit la pandémie lui fut toutefois fatal, à cause de prix trop bas d’un côté, et d’une hausse violente du coût des remboursements de l’autre.

Cette erreur de calcul — qui ne s’est même pas traduite par des gains de parts de marché — a précipité les comptes dans le rouge, et entraîné une division par deux de la capitalisation boursière. L’affaire a valu son poste au directeur général Penny James, remplacé par Adam Winslow — un ancien d’Aviva, de AIG et de Pool Re — l’été dernier. 

L’expérience de l’intéressé dans la gestion des contrats de réassurance porte ses fruits. Sur les six premiers mois de l’année, les remboursements de dommages reviennent ainsi à leurs niveaux d’autrefois, spécifiquement grâce à la manière dont Direct Line a ventilé son risque avec ses partenaires de réassurance. 

Ailleurs, les progrès sont timides. La vente de son activité de courtage a permis à Direct Line de renflouer les caisses et de sauvegarder les ratios de solvabilité, mais elle prive le groupe d’une entité profitable ; la division non-automobile n’est pas encore nettoyée des erreurs passées ; tandis que les coûts d’exploitation, s’ils n’enflent pas davantage, n’ont pas non plus été réduits par rapport à l’année dernière. 

Le profit par action du semestre atteint £0.02, si bien qu’un retour à la capacité bénéficiaire d’autrefois n’apparaît a priori pas pour demain. Sur cette base, le marché semble avoir déjà intégré un très net redressement dès cette année. A moins qu’il ne soit conforté par l’offre de rachat de l’assureur Ageas, qui au printemps dernier proposait d’acquérir Direct Line à une valorisation de £2.30 par action.