Les actions américaines ont chuté et les rendements des bons du Trésor à long terme ont grimpé à des sommets de plusieurs décennies mercredi, après que la Réserve fédérale a maintenu ses taux directeurs inchangés. Plus tôt, la déroute des actions sud-coréennes a pris des proportions historiques suite à la publication des résultats du fabricant de puces SK Hynix.

Dans ma chronique d'aujourd'hui, j'analyse la vente massive sur le secteur des semi-conducteurs et d'autres signes montrant que l'engouement pour l'intelligence artificielle (IA) pourrait s'essouffler. L'éclatement d'une bulle technologique pourrait-il entraîner un krach de type 2000 ou 2008 ? C'est possible, mais peu probable.

Si vous disposez de plus de temps, voici quelques articles que je vous recommande pour mieux comprendre les mouvements de marché du jour.

1. La Fed maintient ses taux ; trois membres votent en faveur d'une hausse

2. Sam Altman (OpenAI) discute des agents autonomes et des nouveaux modèles d'IA avec des sénateurs américains

3. Les résultats des « Sept Magnifiques » vont mettre à l'épreuve l'élargissement du marché boursier américain

4. La chute de 2 000 milliards de dollars de la bourse sud-coréenne bat des records après les résultats décevants de SK Hynix

5. L'impasse politique de la Première ministre japonaise complique sa lutte contre les marchés

Principaux mouvements de marché du jour

o ACTIONS : Corée du Sud -7 %, désormais à -33 % en juillet pour son pire mois historique. Le Nasdaq perd 1,7 % et entre en zone de correction ; le Dow Jones cède 2 %, le S&P 500 recule de 1,5 %.

o SECTEURS/VALEURS : Huit secteurs du S&P 500 sont en baisse, trois en hausse. L'indice des semi-conducteurs « SOX » chute de 5,3 % pour atteindre un plus bas de 3 mois. L'industrie perd 3,5 %, la technologie 2,5 %, l'énergie gagne 2 %. Microsoft progresse jusqu'à 4 % après ses résultats du T2, Meta chute jusqu'à 8 %. Qualcomm perd 9 %.

o CHANGES : Le dollar recule de 0,5 % après la Fed, la couronne norvégienne (NOK) bondit à nouveau suite à la flambée du pétrole.

o OBLIGATIONS : La courbe des taux américaine subit une pentification marquée par le haut (bear steepening). Le rendement à 2 ans recule légèrement, tandis que le rendement à 30 ans bondit de 12 points de base pour dépasser 5,2 %.

o MATIÈRES PREMIÈRES/MÉTAUX : Le pétrole grimpe de 7 à 8 %.

Les points clés du jour

* Le discours de la Fed

Dans ce que Goldman Sachs avait décrit comme la réunion de politique monétaire la plus incertaine depuis près de 30 ans, la Fed a décidé mercredi de maintenir ses taux inchangés. Trois des douze membres votants du comité se sont prononcés en faveur d'une hausse. Cela signifie-t-il qu'une augmentation en septembre est acquise ? Pas vraiment.

Le président de la Fed, Kevin Warsh, a qualifié les discussions avec ses collègues de « bonne dispute familiale » qu'il appelait de ses vœux. Cela suggère que plus de trois responsables pourraient voter pour une hausse en septembre. Cependant, les contrats à terme sur taux n'indiquent plus qu'une probabilité de 55 % pour un tel scénario, contre 75 % immédiatement après la décision, et les prix des obligations à long terme ont plongé après la conférence de presse de Warsh. Un manque de confiance dans l'engagement de la Fed à ramener l'inflation à 2 % ?

o Effet de levier

L'effondrement des actions sud-coréennes, particulièrement dans le secteur des puces, a ravivé les inquiétudes sur l'effet de levier. Les autorités locales s'efforcent de stabiliser la situation et de minimiser la volatilité en introduisant de nouvelles règles concernant les ETF sur titres vifs et les investisseurs particuliers.

La déroute s'est propagée aux semi-conducteurs américains, l'indice Philadelphia SE Semiconductor affichant une baisse de près de 30 % par rapport à son sommet du 22 juin. L'indice s'apprête à enregistrer son pire mois depuis le début des années 2000. Qu'en est-il de l'effet de levier aux États-Unis ? Les stratégistes de JPMorgan estiment que le désendettement dans les secteurs de la technologie et des semi-conducteurs a progressé plus rapidement que prévu. « En conséquence, nous voyons désormais une marge limitée pour un désendettement supplémentaire. »

o L'appel de Londres

Après la Fed, l'attention se tourne vers la Banque d'Angleterre (BoE) et sa décision de politique monétaire attendue jeudi. Le Comité de politique monétaire (MPC) devrait maintenir le taux directeur à 3,75 % par un vote de 7 contre 2. Les marchés à terme n'attribuent qu'une faible probabilité de 10 % à une hausse.

L'inflation britannique a surpris à la baisse en juin, mais les marchés s'attendent toujours à ce que la BoE relève ses taux dans les mois à venir — 25 points de base d'ici la fin de l'année, et 25 autres d'ici mars. Les rendements des Gilts à long terme sont proches de leurs plus hauts niveaux depuis les années 1990. Avec un nouveau Premier ministre en place et de fortes inquiétudes budgétaires, si la BoE ne répond pas aux attentes de hausse du marché, ces rendements à long terme pourraient rapidement franchir le seuil des 6 %.

Qu'est-ce qui pourrait faire bouger les marchés demain ?

o Résultats de Samsung en Corée du Sud (T2)

o Décision sur les taux d'intérêt de la Banque d'Angleterre

o PIB des États-Unis (T2, estimation avancée)

o Inflation PCE aux États-Unis (juin)

o Résultats d'entreprises américaines, dont Apple et Amazon

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