Tate & Lyle est un fournisseur d’ingrédients pour l’industrie agroalimentaire. Son activité principale, Food & Beverage Solutions, regroupe les édulcorants, les agents de texture qui modifient la viscosité et l’onctuosité des aliments et les ingrédients destinés à enrichir les produits en fibres ou nutriments. CP kelco est le second contributeur au chiffre d’affaires tandis que Tate & Lyle produit aussi du sucralose, un édulcorant artificiel très concentré. Enfin, la division Primary Products Europe est tournée vers les produits issus de la transformation du maïs (isoglucose, amidons industriels, coproduits pour l’alimentation animale). Ce segment est en perte de vitesse et consomme bien plus d’argent qu’il n’en rapporte.
Cela fait trois ans que le titre ne parvient plus à convaincre. Les quelques rebonds sans lendemain n’ont rien changé. Les investisseurs ne trouvaient déjà comme intérêt que le dividende, qui rapportait un rendement entre 4 et 5%. Un coup d’œil aux comptes suffit à comprendre comment la situation a pu en arriver là. Jusqu’en 2022, la croissance est restée quasi nulle dans un marché certes difficile mais pas insurmontable. La société a ensuite cédé une grande partie de ses activités américaines (d’où le trou cette année-là) avant de racheter CP Kelco, comme évoqué plus haut. Au final, le bénéfice par action en 2024 est exactement au même niveau qu’il y a dix ans, preuve éclatante de la stagnation.
Perspectives bien timides
La tendance ne devrait pas s’inverser : le chiffre d’affaires comme l’Ebitda sont attendus en baisse de quelques points de pourcentage sur l’exercice clos en mars 2026. Un contraste est frappant avec les ambitions affichées il y a encore quelques mois lorsque l’entreprise visait une croissance annuelle de 4 à 6% à moyen terme.
Tate & Lyle souffre du recul de la consommation, surtout en Amérique, où il a gardé ses activités dans l’alimentaire et les boissons après avoir cédé celles liées aux produits de base. La conjoncture n’est guère plus favorable en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. En Asie-Pacifique, la relative stabilité cache en réalité l’impact négatif des droits de douane.
Une grosse acquisition qui fait débat
Revenons à CP Kelco, rachetée pour 1,8 milliard de dollars. L’opération a été présentée comme l’aboutissement de la transformation de Tate & Lyle qui était auparavant producteur de sucre. Elle devait enrichir le portefeuille de solutions “clean label” (perçues comme plus naturelles et transparentes) et accélérer la montée en gamme de l’offre. Pour l’heure, les synergies et les économies de coûts n’ont pas encore vu le jour.
Conscient du contexte difficile, le groupe a dévoilé un plan censé relancer sa dynamique commerciale : meilleure segmentation client, accélération de l’innovation avec les grandes marques, optimisation du réseau industriel et synergies de l’intégration de CP Kelco. Ces mesures ne sont, à l’heure actuelle, pas crédibles au vu des derniers chiffres publiés.



















