Remarquablement, il affiche une croissance de ses volumes de 5,5% sur les trois derniers mois, là où l'ensemble de ses pairs en Amérique du Nord comme en Europe souffrent au contraire d'une érosion permanente des leurs.
Il lui fallait bien sortir ce lapin du chapeau pour absorber l'inflation de ses coûts de structure, brutale chez ses concurrents également, et ainsi maintenir son résultat d'exploitation à niveau équivalent.
Souffrant comme les autres d’un marché de la bière en contraction, Constellation projette cependant une stagnation de ses ventes sur l'exercice fiscal complet.
Le groupe devrait aussi générer entre 1,6 et 1,7 milliard de dollars de cash-flow libre, soit un montant qui a tendance à stagner depuis 2020, période il est vrai marquée par des cessions d'actifs et des changements de périmètre.
Constellation n’en demeure pas moins le grand brasseur le mieux valorisé en bourse, devant AB InBev, qui supporte un endettement encore conséquent, et plus ou moins à égalité avec Heineken, depuis longtemps un favori du marché grâce à sa stratégie d'expansion menée tambour battant sur les marchés émergents.
Parce qu'il doit lui aussi diversifier son catalogue de manière urgente, Constellation a finalisé après la clôture du trimestre fiscal l'acquisition - intelligemment structurée, avec près des quatre cinquièmes du montant conditionnés à des jalons de performance - du spécialiste des sodas alcoolisés Spikedade.
Après un cycle de croissance rapide, grâce notamment à un positionnement intelligent sur un segment démographique toujours porteur en Amérique du Nord, Constellation Brands jouissait en bourse d'une valorisation de premier de la classe qui ne lui laissait aucun droit à l'erreur.
Voir à ce sujet nos précédents commentaires de résultats, Constellation Brands, Inc. : Multiple de luxe et Constellation Brands finalement rattrapé par la crise du secteur, publiés dans ces mêmes colonnes il y a respectivement vingt-quatre et douze mois.
Le groupe, qui supporte lui aussi un endettement important, va devoir affronter deux vents contraires simultanés sur le prochain cycle : la hausse des coûts de financement d'un côté, et la baisse des volumes, semble-t-il inarrêtable, de l'autre.
Difficile dans ce contexte de ne pas craindre un prochain trou d'air boursier.



















