Donald Trump promettait "l’âge d’or de l’Amérique". Les données macro vont dans son sens.
"Nos indicateurs économiques sont incroyables, à un niveau jamais vu auparavant. Le volume d'investissements dans notre pays atteint des chiffres que personne n'aurait même pu imaginer. On se porte vraiment bien", commentait Donald Trump mardi soir avant de prendre l’avion pour Las Vegas.
C’est le style hyperbolique caractéristique de Donald Trump, celui qui lui permet d’entretenir un récit victorieux de sa présidence. Et ceux qui le suivent au quotidien savent qu’il glisse ce genre de tirade à peu près à chacune de ses prises de paroles.
Mais lorsqu’on regarde les données, ces déclarations ne semblent pas si exagérées.
Selon le modèle GDPNow de la Fed d’Atlanta, le PIB du troisième trimestre est sur un rythme de progression de… 5.9% !
Au dernier trimestre, le PIB a progressé de seulement 1.5%. Mais si on se concentre uniquement sur la consommation et l’investissement privé, la progression est de 3.9% en rythme annualisé.
C’est donc une économie qui croît bien au-dessus de son potentiel, estimé autour de 2%.
Le taux de chômage, lui, reste sur des niveaux historiquement faibles. Il n’a pas dépassé les 4.5% depuis 5 ans. Après un ralentissement en 2025, les créations d’emplois ont fortement rebondi pour s’établir à 92 000 en moyenne chaque mois en 2026. La croissance des salaires a aussi réaccéléré et dépasse à nouveau les 4%. Selon ADP, elle atteint même 7% pour les travailleurs ayant changé d'emploi.
Du vent dans les voiles
D’abord, l’économie américaine bénéficie pleinement des investissements dans l’IA. A eux seuls, Alphabet, Amazon, Meta et Microsoft devraient dépenser presque 750 milliards de dollars en 2026. Des centaines de milliards de dollars qui ne tournent pas qu’entre acteurs de la tech mais qui se diffusent à de nombreux secteurs, de la construction en passant par l’énergie. La consommation, elle, est dopée par les effets richesses (la hausse des marchés actions tirée par les valeurs exposées à l’IA).
La politique fiscale reste aussi un soutien avec un déficit qui devrait s’établir cette année à 5.8% du PIB selon les projections du CBO. En 2026, les Américains ont bénéficié du grand plan de baisse d’impôts de Donald Trump voté par le Congrès l’été dernier. Il a notamment donné lieu à des remboursements d’impôts plus élevés au printemps.
Et si on débat toute la journée des hausses de taux de la Fed, l’économie américaine a jusqu’ici bénéficié des baisses de taux de la Fed (75 points de base en fin d’année 2025).
La saison des résultats d’entreprise confirme cette excellente dynamique. Au deuxième trimestre, les résultats des entreprises du S&P 500 ont progressé de 47.4%, selon Factset. Un niveau inédit hors période Covid. Des résultats qui ne sont pas que tirés par la tech, puisque 8 des 11 secteurs affichent une croissance des bénéfices à deux chiffres.
La Fed peut relever ses taux
L’économie américaine est donc plus proche de la surchauffe que d’un ralentissement. La mauvaise nouvelle, c’est qu’une économie qui tourne à plein régime génère de l’inflation. La bonne nouvelle, c’est que la Fed dispose sans doute d’un peu de marge pour la combattre sans provoquer une récession.
L’inflation est repartie à la hausse cette année du fait de l’envolée des prix du pétrole liée à la guerre en Iran. Mais l’inflation aux Etats-Unis ne semble pas être qu’un problème énergétique. Elle dépasse l’objectif de la Fed depuis maintenant 5 ans.
Ceux qui plaident en faveur de hausses de taux mettent en avant le fait que l’économie américaine n’avait pas besoin des 75 points de base de baisse de taux de l’an dernier. Dès lors, relever les taux reviendrait à annuler tout ou partie de ces baisses.
Au-delà de la situation économique, la Fed est surtout sous la pression des marchés pour relever ses taux. En effet, la Fed a un problème de crédibilité depuis la dernière prestation de Kevin Warsh et sera sans doute contrainte de relever les taux en septembre pour stopper l’hémorragie sur les taux longs.























