Le groupe divisera ses opérations en deux entités distinctes d’ici la fin de l’année 2026 : une première partie regroupera les opérations internationales du groupe autour de la marque Heinz, avec l’objectif de croître ; la seconde partie se concentrera sur le marché nord-américain et assurera des cash-flows plus stables.
Le grand ordonnateur de l’opération, 3G Capital, la redoutable société d’investissement d’origine brésilienne déjà à l’origine des méga-fusions AB InBev-SAB Miller et Burger King-Tim Hortons, a raté le coche sur ce coup : aucune des économies d’échelle - ‘synergies’ - parmi les 1,5 milliard de dollars promises à l’époque de la fusion n’a été réalisée.
Le grand financeur de l’opération, Berkshire Hathaway, aussi premier actionnaire du groupe avec 27,5% du capital, exprimait hier par la voix de son président Warren Buffett son scepticisme quant à l’intérêt de la séparation proposée. Avec le recul, la fusion n’était certes pas ‘une idée brillante’, selon Buffett, qui indiquait cependant ne pas croire que la séparation de ses opérations permettra au groupe de surmonter ses difficultés.
Kraft Heinz a perdu les deux-tiers de sa valeur de marché depuis l’enthousiasme suscité par le rapprochement des deux mastodontes de l’agroalimentaire en 2015. Le groupe n’a réalisé aucune croissance sur la décennie. Si l’on tient compte de l’inflation, son chiffre d’affaires accuse au contraire une sévère décroissance.
Cette inflation n’a pas épargné la structure de coûts, si bien que les marges ont reculé et que le profit d'exploitation a diminué de 22%, de 6,8 à 5,3 milliards. Le groupe est cependant resté une confortable machine à cash : sur les cinq derniers exercices, en moyenne, son profit cash - ou cash-flow libre - atteignait ainsi 3,3 milliards de dollars par an.
Sur ses plus-bas historiques, la valorisation de Kraft Heinz représente un multiple de dix fois son profit d’exploitation, et de huit fois la somme des profits d’exploitation avant investissements - ou EBITDA - ajustés de ses deux futurs segments. En agrégat, largement couvert par le cash-flow libre, le rendement sur dividende de 6% devrait être maintenu une fois la séparation réalisée.



















