La bonne nouvelle est venue de l'inflation américaine. Les prix à la consommation ont nettement ralenti en juin, avec un CPI retombé à 3,5% sur un an, contre 4,2% le mois précédent, tandis que le Core CPI ralentit à 2,6%, sous les attentes. Le lendemain, le PPI a confirmé cette amélioration : l'indice des prix à la production recule à 5,5%, contre 6,0% précédemment, et les chiffres du mois précédent ont été révisés à la baisse. Pour la première fois depuis plusieurs mois, les statistiques suggèrent que le choc pétrolier commence réellement à s'estomper.
Cette désinflation intervient alors que l'économie américaine reste étonnamment robuste. Les ventes au détail progressent encore de 6,7% sur un an, les inscriptions au chômage demeurent proches de leurs plus bas niveaux, tandis que l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie bondit de 10,3 à 41,4, son meilleur niveau depuis plusieurs années. En Chine également, les données restent contrastées mais moins mauvaises qu'attendu : la croissance ralentit à 4,3%, mais la production industrielle accélère à 5,3% et les prix de l'immobilier montrent leurs premiers signes de stabilisation.
Ce contexte aurait normalement dû soutenir les grandes valeurs technologiques. Pourtant, c'est l'inverse qui s'est produit. Les semi-conducteurs, les fabricants de mémoire et plusieurs leaders de l'intelligence artificielle ont subi d'importantes prises de bénéfices. Ce mouvement ne traduit pas une dégradation de la macroéconomie mais plutôt une rotation classique après plusieurs mois de surperformance. Les flux se redéploient progressivement vers les financières, les banques régionales, les transports, l'immobilier, les biens de consommation et certaines valeurs défensives.
Le principal facteur de nervosité reste cependant le Moyen-Orient. Les nouvelles attaques entre Israël, les Etats-Unis et l'Iran ont entraîné un rebond de près de 4% du pétrole en fin de semaine, provoquant une nette remontée de la volatilité. Les marchés restent toutefois convaincus qu'une escalade durable demeure peu probable : ni Washington ni Téhéran n'ont intérêt à provoquer un nouveau choc énergétique mondial. C'est pourquoi les obligations américaines sont restées relativement stables malgré la hausse du brut, signe que les investisseurs ne révisent pas fondamentalement leurs anticipations de croissance ou d'inflation.
Techniquement, le dollar index se maintient toujours au-dessus des 100.20 mais peine à accélérer de nouveau à la hausse. N’empêche, la structure reste haussière en direction des 102.70/85. Sur l’EURUSD, le pendant à surveiller est la résistance à 1.1520 pour contenir les velléités de rebond et maintenir la pression vendeuse avec les 1.1180 en ligne de mire.


















