Semi-consolidation

Il est évident que le secteur des semi-conducteurs traverse des mauvais jours. Les poids lourds du SOXX (l'ETF le plus connu qui suit les valeurs du secteur) ont vu leurs actions chuter de plus de 8% en un mois, passant en dessous du S&P500 pour la première fois en 2024. Malgré cela, les fondamentaux restent solides et les perspectives n'ont pas changé. 

La baisse actuelle est en partie attribuée aux nouvelles mesures restrictives envisagées par les politiciens américains à l’égard de Pékin. Ces mesures visent à maintenir l'avance des États-Unis en matière de performance des modèles d'intelligence artificielle (IA), en réponse à l’intensification des commandes de la Chine au cours des 2-3 dernières années. L'Amérique s'inquiète du développement rapide de la Chine dans ce domaine, dont la performance des modèles est devenue comparable à la sienne, ce qui soulève des appréhensions quant à sa suprématie dans la technologie civile et militaire. 

Il est important de noter que la Chine représente actuellement 20% de la demande mondiale en semi-conducteurs. Pour certains fournisseurs tels qu'ASML, elle constitue 45% des revenus. Des restrictions supplémentaires pourraient ainsi contraindre les acteurs de l'industrie des puces (fonderies, fabricants de machines, concepteurs, etc.) à réajuster leur stratégie chinoise en conséquence, ce qui a logiquement inquiété les investisseurs.

Auto smartphones... Les marchés cycliques ralentissent

Or, la géopolitique n'est pas le seul facteur derrière cette baisse. La faiblesse continue de certains marchés cycliques et discrétionnaires, tels que l'automobile, les smartphones et l'industrie, où les consommateurs sont confrontés à des taux d'intérêt élevés et à une inflation des prix, contamine la demande des puces. Cela affecte particulièrement les performances de sociétés comme NXP Semiconductor ou STMicroelectronics, qui ont récemment rapporté des résultats trimestriels décevants. En revanche, les entreprises orientées vers des secteurs en croissance et décorrélés de la situation économique, notamment dans l'IA, s'en sortent mieux. La combinaison de ces éléments avec un repositionnement du secteur valorisé à deux fois le S&P500 (moyenne PER x43,6 vs x22,1), a alimenté la tendance à la vente parmi les investisseurs.

Néanmoins, la situation ne saurait durer longtemps. Toutes les prévisions suggèrent un rebond dès le prochain trimestre et un nouveau pic attendu vers la mi-2025. L'accélération des projets dopés à l'IA par les géants de la tech, tels que les puces M5 pour Apple, ainsi que les nouvelles versions des ordinateurs et serveurs, devraient relancer la machine et stimuler la demande des puces haut de gamme. Cela devrait, par extension, propulser le secteur des semi-conducteurs et le SOXX, vers de nouveaux sommets.

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Dry january, february, march...

Un autre secteur traverse une passe délicate : celui des boissons, comme le montre l'avertissement lancé ce matin par le bon élève de la classe, Diageo. L'indice STOXX Europe 600 Aliments & Boissons perd plus de 5% depuis le début de l'année, alors que le STOXX Europe 600 parvient à dégager une hausse de 7%. Les plus grosses positions de l'indice sont Nestlé, Diageo, Anheuser-Busch Inbev, Danone, Danube, Heineken et Pernod Ricard. Nestlé, Diageo et Heineken ont d'ores et déjà prévenu que leurs objectifs annuels ne seront pas atteints. Amplitude de la sous performance : près de 13% !