Vous le savez, l’un des principaux « drivers » du marché des changes est attribuable à la politique monétaire. Ou plutôt aux politiques monétaires puisqu’une paire devise est, comme son nom l’indique, composée de deux monnaies différentes. A l’instar du papier sur les taux d’intérêt, il me semblait intéressant d’utiliser la même approche pour vous conter la petite histoire du dollar. Le graphique suivant vous montre comment se comporte historiquement la devise américaine après une première baisse de taux.

DXY and 1st rate cut

Tout comme la performance des actions et des bonds, celle du dollar dépend de l’environnement macroéconomique : en cas de récession, le dollar est quasi-stable au bout d’un an. Par contre, en l’absence de récession, il tend à se renforcer. Mais pourquoi ?

Alors que les baisses de taux diminuent l’attrait de la devise concernée, nous aurions pu nous attendre à voir le dollar baisser dans les mois qui suivent les baisses de taux. Cette assertion serait vrai sauf si le cycle de détente des taux ne se limite pas aux seuls Etats-Unis et qu’il n’est que le reflet d’une politique monétaire accommodante coordonnée au sein des principales économies développées. Dans ce cas de figure, les spreads de taux suivent la même pente et, dynamique économique et boursière (pour ne pas dire spéculative) oblige, le dollar sort renforcé.

Malgré tout, cela ne remet pas encore en cause la dynamique actuellement à l’œuvre, à savoir un dollar plutôt faible depuis plusieurs mois. Ainsi, l’EURUSD reste bien orienté au-dessus des 1.1030/1.0980 - et ce malgré les chiffres désastreux du PMI publiés ce matin pour la France et l'Allemagne. La devise européenne devra tout de même s’affranchir des 1.1190/1.1201 pour ouvrir notre cible à 1.1275/90. Le cable suit une dynamique haussière plus marquée, aidée en cela par le statuquo de la Banque d’Angleterre. Les 1.3008 ont bien tenu sur le GBPUSD pour une prochaine cible à 1.3673.