Contexte. Le secteur a bénéficié d'une reprise sur les derniers mois. Au premier trimestre 2010, le néerlandais DSM a réalisé un bond de 114% sur son excédent brut d'exploitation (EBE) à 304 millions d'euros grâce à des économies de coûts de 200 millions d'euros sur une base annualisée et d'un contexte qui s'est amélioré dans la plupart des régions et marchés finaux. Rhodia a tiré partie d'une hausse des volumes et d'une évolution des prix très favorable. Sur les trois premiers mois de 2010, le groupe affiche donc une croissance de 28% de ses ventes à 1,2 milliard d'euros. Son résultat d'exploitation a été bien supérieur aux attentes, à 140 millions d'euros contre une perte de 91 millions à la même époque de l'an dernier. Le groupe est parvenu à maintenir son cash-flow d'exploitation à 130 millions et à réduire sa dette nette de 8% d'un trimestre à l'autre, à 949 millions. Grâce à la poursuite de la croissance mondiale tirée par les pays émergents, Rhodia s'attend désormais à une croissance de 50% de son EBE récurrent sur 2010, contre +35% précédemment attendu. Il programme même des acquisitions. Son compatriote Arkema a engendré un résultat net positif de 40 millions d'euros au premier trimestre, contre une perte de 35 millions au cours de la même période de l'exercice précédent. Ses ventes ont bondi de 20%, à 1,3 milliard d'euros, alors que le marché tablait sur une hausse de 10%.
Perspectives et enjeux. Selon l'UIC (Union des industries chimiques), le retour de la croissance devrait être disparate selon les secteurs et la reprise devrait être modeste et incertaine. D'un côté, les activités chimiques en amont des industries qui ont pu résister à la crise (industrie pharmaceutique ou agroalimentaire) devraient continuer de bénéficier d'une demande relativement stable. De l'autre, les produits chimiques pour des industries clientes en sortie de récession (automobile, industries électriques et électroniques, papier, carton...) pourraient bénéficier du développement des débouchés. Enfin, des secteurs clients dans les biens de consommation, touchés plus tardivement par la crise, devraient offrir des opportunités en 2010. L'industrie devrait également être soutenue par les marchés extérieurs, grâce à la poursuite d'une solide demande en Asie et dans d'autres pays émergents, puis au retour à la stabilisation en Europe et aux États-Unis. Néanmoins, même si en moyenne annuelle la production chimique en France pourrait retrouver une croissance de l'ordre de 5,5 % en 2010, elle ne regagnera pas ses niveaux de début 2008 avant 2011 voire 2012.
Pour comprendre. La chimie est la première industrie consommatrice de produits énergétiques en France en constituant 41% des besoins totaux de l'industrie nationale. Le pétrole et le gaz représentent environ 70% du coût total des matières premières pour les entreprises chimiques françaises. L'industrie chimique en France est le second producteur européen et le cinquième producteur mondial. Elle est un des tout premiers secteurs industriels en France.
Analyse sectorielle/ Chimie
Publié le 10/06/2010 à 11:36 - Modifié le 10/06/2010 à 11:40
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