Contexte. Selon la FFSA (Fédération française des sociétés d'assurances), le secteur français de l'assurance a renoué avec la croissance en 2009, après deux années de repli. Les cotisations ont augmenté de 9%, à 199,5 milliards d'euros, tirées par l'assurance vie (+11%, à 154,3 milliards). Le pic de collecte de 2006 a ainsi été atteint. La collecte nette a été très positive et a atteint 51,1 milliards (y compris sur les contrats en unités de compte), après un bond de 80%. L'encours a atteint 1.234 milliards d'euros, en hausse de 10%, consolidant ainsi le niveau d'épargne longue en France. Du côté de l'assurance dommages, les cotisations ont légèrement progressé de 1%, à 45,2 milliards d'euros. Cela correspond au niveau de croissance le plus faible de la décennie. L'activité auprès des particuliers s'est accrue de 2%, à 25 milliards d'euros. L'essor de l'assurance multirisque habitation (+4,5%, à 7,5 milliards d'euros) a plus que compensé le déclin de l'assurance auto (de 0,5%, à 17,8 milliards d'euros). Suite à la crise économique, les assurances des professionnels ont néanmoins stagné à 20,2 milliards. Ce qui a surtout caractérisé le secteur de l'assurance-dommages l'an passé est la très forte augmentation de la charge des sinistres (+10%, à 35 milliards d'euros). Cette progression résulte en partie de la tempête Klaus, qui aura coûté 1,7 milliard d'euros. A cela s'ajoute une hausse de la fréquence des sinistres dans l'assurance auto.
Perspectives et enjeux. Standard & Poor's pourrait dégrader les notes de certains assureurs français cette année. Cela tient au fait que, parmi les 40 sociétés vie et non vie notées par l'agence, la moitié a actuellement une notation assortie d'une perspective négative. Cette perspective peut conduire à une dégradation de note dans les 12 à 24 mois. En comparaison, seules 3% des notes étaient dotées d'une perspective négative au 30 septembre 2008, avant la faillite de Lehman Brothers. Aucune compagnie ne bénéficie d'une perspective positive, pouvant aboutir à un relèvement de sa note. S&P estime que le secteur français conserve une bonne solvabilité ajustée du risque, mais que cette dernière est très dépendante de l'état des marchés financiers, qui conditionne le niveau des plus-values latentes. Or, de plus faibles résultats techniques anticipés cette année pourraient limiter la capacité des assureurs à alimenter leur solvabilité sur le long terme. De plus, la grande agressivité commerciale du secteur risque d'avoir un impact négatif sur les notations en 2010.
Pour comprendre. Le secteur de l'assurance regroupe divers métiers : l'assurance de personnes, dite vie (santé, prévoyance, retraite), l'assurance multirisque de biens (incendies, accidents, risques de transports et risques divers), dite non-vie, ainsi que la gestion d'actifs (protection financière et accumulation de patrimoine), la réassurance, et, enfin, l'assurance-crédit.
Analyse sectorielle / Assurance
Publié le 01/04/2010 à 15:00 - Modifié le 01/04/2010 à 15:05
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